Plusieurs initiatives ont été lancées, ces dernières années, pour promouvoir la création de start-up en Algérie. Parmi les plus réussies, le programme Entrepreneurship Leadership and Innovation Programm (Elip), dédié aux étudiants algériens désirant créer leur start-up. En effet, les résultats de cette initiative semblent très prometteurs. Lancé en 2017 et clôturé le 30 janvier 2020, avec l’organisation de la cérémonie de récompense des meilleurs projets de start-up à l’hôtel Lamaraz Arts de Kouba, à Alger, ce programme a enregistré la participation de 1 900 étudiants issus de 23 wilayas, la création de 24 start-up, 57 projets en voie de concrétisation, 160 projets en phase de maturation, 250 business model élaborés, 60 partenariats conclus et 700 idées innovantes.
Ces étudiants ont bénéficié d’un programme de formation associé au projet et d’un accompagnement par des équipes de coachs, d’experts, de mentors et de quelque 295 volontaires, en collaboration avec des partenaires locaux tout au long du processus de création de la start-up depuis l’idée, au business plan jusqu’à sa transformation en projet à fort potentiel. Cette initiative a bénéficié du soutien technique et financier du Middle East Partenership Iniatiative et de l’ambassade des Etats-Unis à Alger et plusieurs sponsors tels que les entreprises Gica, Groupe Hasnaoui, Amor Benamor, Arab Leasing Corporation.

Des piliers de l’écosystème des start-up restent à construire
Au cours de la présentation des résultats, la responsable et cheville ouvrière du programme, Fatiha Rachedi, a situé les atouts et les faiblesses dans les programmes de création de start-up. Parmi les points forts, la politique publique en faveur des start-up : l’état inscrit la start-up au coeur des politiques publiques et la considère comme un levier important pouvant contribuer à la croissance du pays. Parmi les insuffisances qui freinent la création et le développement des start-up, ajoute-t-elle, figure un problème important, le financement du pré amorçage et amorçage des start-up, la banque ne les finançant pas. A cela s’ajoute l’absence de business angel (pas de texte de loi encadrant cette activité), des investisseurs qui financent la création et le développement des start-up et contribuent de façon importante à l’essor de ces petites entreprises au départ et qui deviennent par la suite de moyennes ou grandes entreprises. Fatiha Rachedi a également pointé du doigt l’insuffisance, pour ne pas dire l’inexistence, de programmes dans l’enseignement dédiés à l’éducation entrepreneuriale, ce qui impacte les résultats des programmes et dispositifs de la promotion de la création de start-up. Il convient, a-t-elle suggéré, d’introduire l’entrepreneuriat dans le système éducatif. Ces recommandations ont été présentées en présence de représentants du Premier ministère, du nouveau département ministériel chargé des start-up ainsi que du ministère du Tourisme. Ainsi des piliers de l’écosystème indispensable au développement d’une taille critique de start-up, susceptible de contribuer de façon significative à une forte croissance du pays, à l’amélioration des services destinés à la population et la préservation de l’environnement en Algérie, restent à construire. A noter que Smart farm a décroché pour son collier intelligent le premier prix avec comme récompense une formation à la Silicon Valley. La deuxième et troisième place ont été attribués par le jury présidé par le P-DG d’Alliance Assurances Hassen Khelifati respectivement à Sky Gate et Nod Tech. Ils ont reçu un trophée. Quant à la quatrième place, elle a été arrachée par Handi Tours. <