La banqueroute est avérée et la faillite généralisée. Le constat de la Fédération algérienne de football (FAF) est implacable et révélateur du bricolage économique ayant mené le sport à onze Dz à la dérive. «Vingt-trois (23) clubs professionnels sur trente-deux (32) sont concernés par les dettes, dont sept (07) de Ligue 1 (soit 44 %) et les seize (16) de Ligue 2 (soit 100%)», indiquait la FAF sur son site en se basant le rapport de la Chambre nationale de résolution des litiges (CNRL). Alarmant !

En l’état des lieux actuel, la Ligue 2 professionnelle ne devrait même pas exister car tous ses sociétaires sont à découvert. Et cela ne dure pas de cette saison. Tous les clubs vivent des subventions étatiques et les aides des wilayas et des autorités locales afin de ne pas agoniser et payer des salaires. Le tout en ayant des mensualités de retard à régler. Que ce soit pour les joueurs ou les entraîneurs. D’ailleurs, les honoraires impayés des coachs dans le second palier footballistique représentent 42 millions de dinars (4.2 milliards de centimes) soit (87.5%) sur les 48 MDA que les teams des deux Ligues doivent à leurs techniciens. Aussi, ce qu’il faut savoir c’est que «sur les seize (16) clubs de Ligue 2, onze (11) sont interdits de recrutement avec un montant de dettes 340 MDA qui s’étalent sur une ou deux saisons» précise l’instance fédérale sur son site qui détaille que «le montant global des dettes de la Ligue 2 est de plus de 541 MDA.»

Dix ans de bricolage
Sur les 54.1 milliards de centimes 7.2 milliards de centimes «concernent d’anciennes dettes de deux ex-clubs professionnels.» C’est-à-dire : les teams qui ont été rétrogradés vers les classes inférieures. Sachant qu’ils sont désormais «amateurs» on voit mal comment ils pourraient combler ce déficit. Pour ne rien arranger, la structure footballistique répertorie «dix (10) clubs amateurs de l’ex-Ligue 2 professionnelle sont également concernés avec un montant de dettes de 239 MDA, dont 43 MDA sont inscrits à l’indicatif de deux clubs sur la saison 2018/2019 et un club sur deux saisons 2018/2019 et 2019/2020.» Une ardoise très salée et un sport roi qui semble vivre au-dessus des moyens et des compétences de gestions des gens qui pilotent des clubs. Des sociétés sportives par actions (SSPA) sans fond réel. Une entreprise déficitaire bonne pour la liquidation. A ce sujet, Réda Abdouche, président de la Direction de contrôle de gestion et des finances (DCGF) de la FAF installée depuis octobre 2019, estime à 1.000 milliards de centimes les dus des clubs de Ligue 1 après 10 ans de professionnalisme décrété et jamais assumé et structuré sur le plan de gestion économique. Un costume bien trop grand pour des as du bricolage et de la délinquance financière qui excellent dans la surfacturation et la dilapidation. Et cette incompétence finit par monter à la surface. na