La solidarité de l’Etat au profit des familles nécessiteuses et démunies à l’occasion du mois de Ramadhan a été l’un des points abordés lors du Conseil des ministres tenu dimanche. Des chiffres en lien avec cette opération ont été ainsi communiqués au cours de cette réunion, présidée par le premier magistrat du pays, attestant la disponibilité des pouvoirs publics à venir en aide aux familles vulnérables et sans ressources.


Mais l’ingénierie d’acheminement et du travail administratif inhérent risquent de générer des dysfonctionnements et de faire des mécontents, comme l’annonce d’ores et déjà l’anarchie qui accompagne, au niveau de l’administration locale, l’opération de recensement et d’inscription des potentiels concernés.
En attendant que l’administration locale, qui fonctionne à minima en cette période de confinement, arrive à mieux gérer cette campagne de solidarité annoncée par le Président de la République, l’Exécutif n’a pas manqué l’occasion du Conseil des ministres pour mettre en valeur l’utilité de l’opération et que sera son impact sur de nombreuses familles algériennes.
C’est ainsi que le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamal Beldjoud, a fait état du recensement de 2 200 000 familles bénéficiant de l’allocation de l’opération de solidarité spécial Ramadhan, à laquelle un montant de 22 milliards de DA a été alloué.
Le communiqué sanctionnant la réunion périodique du Conseil des ministres a indiqué que le ministre de l’Intérieur a présenté un exposé sur l’opération de solidarité en faveur des familles nécessiteuses, impactées par la crise sanitaire et celles bénéficiant de l’aide annuelle au titre du mois béni de Ramadhan, dans lequel il a précisé que jusqu’au 18 avril en cours, 388 000 familles impactées, dont plus de 178 000 ( soit 45%) dans la wilaya de Blida, ont bénéficié de plus de 12 000 tonnes de produits alimentaires à titre d’aides issues de 39 wilayas dans le cadre de la solidarité.
«220 000 familles vivant dans 5 500 zones d’ombre ont été entièrement couvertes en termes d’aides mais aussi de moyens nécessaires à une vie décente, comme l’eau potable», a ajouté le ministre. Il souligne que «dans le cadre de la lutte contre la spéculation et le monopole, 482 dossiers ont été déférés à la Justice et quelque 2 500 tonnes de produits alimentaires et plus de 6 millions et demi d’unités de produits et d’équipements pharmaceutiques, tels que les médicaments, les solutions hydro-alcooliques, les gants et les masques, ont été saisies».
Revenant sur l’allocation de solidarité de 10 000 DA pour le mois de Ramadhan, M. Beldjoud a fait état de «l’achèvement du recensement de 2 200 000 familles, dont les listes sont en cours d’assainissement pour éviter les doubles allocations.
Concernant les autres catégories impactées par les mesures préventives comme les professions libérales, «celles-ci restent soumises à la régulation des secteurs concernés pour la mise en place des mécanismes et dispositions nécessaires à leur prise en charge».
De son côté, le Président de la République a mis en exergue la culture de la solidarité chez les Algériens, notant que «la solidarité est un phénomène salutaire qui honore l’Algérie et lui confère sa particularité dans le monde».
«Une qualité qui caractérise notre grand peuple à chaque fois qu’il a rendez-vous avec l’Histoire comme aujourd’hui, face à la pandémie de Coronavirus ou hier avec le Hirak populaire béni», a-t-il relevé.
Même si le chef de l’Etat s’est félicité de «cet élan de solidarité qui a atténué l’impact de la crise», il n’en a pas moins mis en évidence la nécessité d’œuvrer à la «reconstruction» de la société civile de manière à «favoriser son adhésion au contrôle populaire», et ce par «l’encouragement» des associations caritatives. Il a souligné, à cet effet, que «le véritable contrôle est le contrôle populaire et non pas administratif», donnant des instructions aux ministres de l’Intérieur et du Travail de classer les associations qui se sont distinguées pendant la crise sanitaire actuelle en associations d’utilité publique, sans lesquelles, «nous n’aurions pas pu obtenir ces résultats impressionnants en matière de solidarité et de distribution des aides».
Le Président de la République a ensuite enjoint d’accélérer l’agrément des associations civiles «sérieuses», au niveau national ou local, à condition, a-t-il dit, qu’elles soient «affranchies de toute orientation politique ou idéologique», lit-on dans le communiqué du Conseil des ministres.
Autrement dit, beaucoup reste à faire aussi bien en matière d’appareil administratif appelé à rompre avec les anciennes pratiques faites de népotisme et de clientélisme qu’à travers le mouvement associatif tenu, lui aussi, de retrouver sa véritable vocation et non celui de guetter les privilèges que pourrait offrir la proximité avec les cercles de décision.