Il y a un an, les Algériens sont sortis en masse exprimer leur exacerbation face à une dérive annoncée, celle de vouloir imposer une présidence à vie. Les Algériens sont sortis pour exiger le changement d’un système politique qui était arrivé à ses limites. Une année après, beaucoup de choses ont changé et le processus semble en marche avec ses manques, ses désillusions et aussi ses espoirs fous. L’Algérie est aujourd’hui face à son destin. Celui de se reconstruire sous de nouvelles bases et s’installer dans un processus de changement véritable qui produira un pays à la mesure de l’ambition de ces citoyens. Et non pas reproduire les mêmes erreurs du passé qui ne produiront que les mêmes effets. Sauf que cette fois-ci, le pays n’aura plus les ressorts pour résister à la décadence. Le mouvement de contestation citoyen aura été un véritable catalyseur pour pousser le système vers ses derniers retranchements et l’obliger à entreprendre le changement. Ne pas le concéder aurait pu mener le pays vers une route incertaine. Une voie que le peuple par un engagement pacifique salué de par le monde a d’emblée refusé. Une année de contestation dans un contexte tendu et aucune goutte de sang versée. De quoi confirmer l’attachement des Algériens à leur pays et sa stabilité. Il s’agit aujourd’hui de faire une véritable rupture avec le passé récent et ses pratiques qui ont mené le pays dans une impasse de laquelle on peine à en sortir. Il faudrait désormais construire cette Algérie nouvelle. Le pays a plus que jamais besoin de renouveau qui ferait renaître l’espoir pour un avenir meilleur. L’année aura été un exercice particulièrement harassant d’ambivalence pour les Algériens. Des moments de pure sublimation avec cette récupération du peuple de ce droit à la parole et à l’expression de rue. Mais aussi d’inquiétudes et de peur également de voir ressurgir les démons, pas aussi vieux que ça. Une année après, même si beaucoup reste à faire, le 22 février aura été irrémédiablement fondateur.