Nouveaux rebondissements dans la crise interne au sein du groupe Médias Temps nouveaux, née des relations tendues entre la direction de l’entreprise et le collectif de la rédaction du quotidien Le Temps d’Algérie.

Alors qu’une levée de la suspension, qui frappait quatre journalistes de cet organe, avait été annoncée au début de la semaine dernière, voici que d’autres sanctions du même genre sont venues frapper encore plus fort dans les rangs de la rédaction, à travers la suspension de 21 journalistes dont les 4 qui avaient bénéficié d’une levée de suspension.
Dans une note d’application, affichée mercredi, la Direction générale du groupe fait savoir que ces employés sont « suspendus » de leurs postes et « interdits d’accès » au siège de l’entreprise jusqu’à leur passage devant la commission de discipline. Ces derniers n’ont pas tardé à riposter en appelant l’intervention des autorités concernées, à savoir le ministère de la Communication, les syndicats du secteur, les associations des droits de l’Homme et de défense de la liberté d’expression et « surtout l’administrateur désigné par les pouvoirs publics pour trouver une solution urgente à la situation et faire cesser les décisions abusives », écrivent-ils dans un communiqué.
Ainsi donc, après des signes d’apaisement et de retour à la normale dans les relations direction-collectif des journalistes, la crise du quotidien Le Temps d’Algérie retourne à la case départ à travers un bras de fer encore plus manifeste entre les deux parties. Tout cela se produit, alors que le groupe Médias, appartenant à l’homme d’affaires incarcéré Ali Haddad, se trouve déjà dans une situation commerciale d’asphyxie.
Pour rappel, tout a commencé quand le journaliste Aïssa Moussi s’était démarqué, il y a quelques jours, du contenu éditorial du titre, notamment celui dédié à la conjoncture politique du pays. « Je me démarque d’une telle couverture, voire même du contenu, qui ne reflète aucunement la réalité du terrain.
Une honteuse orientation dictée par les nouveaux maîtres du moment du Groupe Médias Temps Nouveaux, a écrit le journaliste Aïssa Moussi dans un post Facebook. «Par devoir de vérité, d’éthique et de conscience professionnelle, après des semaines d’une intenable situation au sein de notre rédaction, et bien qu’il ne s’agisse pas de mes propres écrits, je ne peux continuer à rester de marbre», s’est indigné le même journaliste qui n’a pas tardé à être soutenu par ses collègues. De son côté, la direction du journal a réagi en évoquant des «sanctions disciplinaires» prises à l’encontre des journalistes. Ces sanctions « n’ont aucune relation avec la ligne éditoriale du journal », souligne-t-elle.