L’année anniversaire de Molière a démarré samedi dernier en France, mais aussi dans d’autres pays, pour célébrer le plus connu et le plus populaire des dramaturges français.

Par Rana MOUSSAOUI
Baptisé le 15 janvier 1622 (il serait né un ou deux jours plus tôt), Molière, de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, est un auteur si emblématique en France que l’acteur Francis Huster se bat depuis des années pour qu’il entre au Panthéon. Les célébrations auront lieu notamment dans les hauts lieux qui ont marqué sa carrière de directeur de troupe et de dramaturge, mais surtout dans sa «maison», la Comédie-Française à Paris, née sept ans après sa mort dans la continuité de sa troupe. La troupe va jouer exclusivement des pièces de Molières jusqu’en juillet, à commencer dès samedi par «Tartuffe ou l’Hyprocrite», la version originelle et censurée de la célèbre pièce sur le faux dévot. Et comme chaque 15 janvier, un hommage lui sera rendu après la pièce: un buste de Molière est posé solennellement sur scène, toute la troupe rassemblée le salue et chacun récite une réplique de ses pièces. Cette cérémonie, précédée de la pièce, sera diffusée en direct dans les cinémas, où seront retransmis dans les mois à venir «Le Malade imaginaire», «L’Avare» et «Le Bourgeois Gentilhomme».
«Il est partout dans l’air»
«J’ai un rapport de camarade avec lui», affirme à l’AFP Dominique Blanc, une des comédiennes les plus admirées de la troupe. La Comédie Française, située près du Palais-Royal et du Louvre, «est ancrée dans le quartier où il vivait et où il est mort, il est partout dans l’air», sourit-elle. Le comédien Denis Podalydès affirme lui ne pas être «superstitieux» quant à la présence de l’esprit de Molière dans la maison. «Il dort dans les livres jusqu’à ce qu’on le joue (et là), il y a quelque chose de très vivace». A Versailles, où Molière avait pour protecteur le roi Louis XIV et devant lequel il a créé certaines de ses pièces les plus emblématiques, plusieurs vont être reprises dans leur forme originale: les «comédies-ballets», créées en complicité avec le compositeur Lully. Dans la ville, qui organise chaque été «Le Mois Molière», une statue signée de l’artiste Xavier Veilhan sera érigée en mai et une exposition, «Molière, la fabrique d’une gloire nationale» ouvrira ses portes à partir de samedi. Une autre statue sera dévoilée samedi, cette fois-ci à Pézenas (sud-est) entre Béziers et Montpellier, où Molière a séjourné à plusieurs reprises au début de sa carrière. Le centre historique sera rythmé par des extraits de ses comédies ou des évocations de sa vie et un timbre Molière sera mis en vente en avant-première. Au Centre national de costume de scène à Moulins (centre), l’exposition «Molière en costumes» est attendue fin mai et se déroulera jusqu’à début novembre. D’autres expositions sont prévues en septembre à la Comédie-Française et à l’Opéra de Paris (Molière en musiques). De nombreux colloques lui seront consacrés en France et à travers le monde, de la Sorbonne à Paris à l’université américaine de Yale, en passant par la Università degli Studi di Torino (Turin) ou encore Florence, selon le site dédié moliere2022.org Des activités et des pièces sont également prévues en Belgique, en Suisse, et même dans la ville américaine de Kansas City. Et en édition, un «Atlas Molière», rassemblant 150 cartes et infographies sur la vie, l’oeuvre et l’époque de Molière a été publié vendredi.
(Source AFP