Le malaise persiste dans le secteur de l’Education nationale particulièrement dans le cycle primaire, qui terminera bientôt son premier trimestre dans une ambiance plutôt agitée, notamment autour de la tenue ou non des examens. Une situation qui met à mal la tutelle qui peine à trouver des solutions aux problèmes posés.

Le boycott des examens du premier trimestre dans les écoles du cycle primaire, décidé par la coordination nationale des enseignants du primaire, a été diversement apprécié par les acteurs du secteur. Et si cette coordination s’est félicitée du succès de l’action de protestation, en évoquant un taux de suivi élevé, ce n’est pas l’avis de l’Association des parents d’élèves qui parle d’une adhésion faible et limitée au débrayage.
Pendant ce temps, la grande question que se posent l’ensemble des acteurs du secteur est celle du silence plus que pesant de la tutelle. Cette dernière s’est distinguée, en effet, par une attitude pour le moins incompréhensible devant une évolution de la situation dans les établissements du primaire. Car pour la famille de l’Education nationale, il y a bel et bien un problème dans la mesure où des élèves dans certains établissements, aussi limité soit leur nombre, n’ont pas eu d’examens. Ce qui « est loin d’être une situation normale ou ordinaire », souligne un syndicaliste, qui souhaite « une réaction salvatrice de la part de la tutelle de qui est attendue une offre de solutions de nature à mettre fin à cette situation de crise qui marque la vie des établissements du cycle du primaire».
Les organisations syndicales les plus connues du secteur plaident pour un «assainissement de la situation à travers le traitement de tous les problèmes qui sont posés par les différentes catégories activant dans le secteur». Cela est d’autant plus inquiétant, soulignent des enseignants, que le présent débrayage des enseignants du primaire a la particularité d’être porté par un collectif qui n’est affilié à aucune organisation syndicale du secteur. Ce collectif semble ainsi maintenir la pression, comme l’atteste le nouveau sit-in organisé hier devant l’annexe du ministère de l’Education nationale à Alger.
L’action de protestation avait pour objectif de «réitérer l’attachement des enseignants grévistes à leurs revendications professionnelles», pressant « la tutelle à ouvrir les canaux de dialogue avec eux ». C’est du moins ce qu’ont signifié les enseignants venus de différentes wilayas pour prendre part à cette action de protestation. Ces derniers ont, en effet, exprimé leur « colère face au silence du ministère qui n’a pas répondu à leurs revendications», alors que la Coordination nationale des enseignants du primaire a décidé de boycotter les examens du premier trimestre. Pour le chargé de communication de la Coordination nationale des enseignants du primaire, Moussa Slimani, « le recours au boycott des examens intervient suite à la non-satisfaction par le ministère de la plateforme des revendications ».
Le même représentant fera part, par la même occasion, de « l’attachement » de la Coordination au dialogue pour parvenir à un accord sur les revendications formulées depuis le début du mouvement il y a neuf semaines. « La plateforme de revendications comprend la consécration de l’équité entre les enseignants des trois paliers de l’Education en termes de volume horaire et de classification et la révision des méthodologies d’enseignement, soit par l’introduction de la spécialisation dans le cycle primaire pour un enseignement de qualité, répondant aux normes internationales, ou par la refonte du programme scolaire », rappelle-t-il. Les enseignants grévistes réclament aussi « l’application du décret présidentiel 14-266 du 28 septembre 2014, fixant la grille indiciaire et le versement des indemnités avec effet rétroactif, ainsi que le droit à la formation ».