Vingt-cinq ans après son assassinat (3 décembre 1994), Saïd Mekbel reste toujours dans les mémoires des Algériens. Celui qui était connu par son pseudonyme «Mesmar Djeha» sur les colonnes du quotidien «le Matin» est à l’honneur depuis hier, lundi, à Béjaia, sa ville natale. Un hommage lui sera rendu durant deux jours par l’association estudiantine AAI (Amazday Adelsen Inelmaden). Au programme d’hier, il y a eu exposition au niveau de la résidence universitaire «Targa Ouzemmour», un débat et en soirée une conférence sous le thème de «Liberté d’expression ; quel destin à l’aune de la conjoncture actuelle». Pour ce mardi, il y a surtout le RDV, devenu dorénavant annuel, celui de la «marche des bougies». D’ailleurs, les étudiants auront l’occasion de rencontrer le fils de Saïd Mekbel, Nazim, qui sera sur place spécialement pour cette commémoration. Un événement qu’il ne pouvait pas rater. Contacté par «Reporters», juste avant de rejoindre Béjaia, Nazim Mekbel affirme que «Saïd (son père, ndlr) serait fier de voir que des jeunes qui ne l’ont pas connu de son vivant et qui sont nés après sa mort soient revendicatifs de sa mémoire. Car il croyait toujours en la jeunesse».
De son côté, le président de l’association, Massinissa Mouri, a tenu à préciser à «Reporters» que «l’objectif de ces manifestations est de faire connaître Saïd Mekbel, surtout pour les jeunes» a-t-il affirmé. Il ajoutera que «ce qui s’est passé durant la décennie noire ne doit pas être oublié et c’est une manière pour nous de montrer les sacrifices consentis pour la liberté d’expression». Revenant sur la «spécificité» de la commémoration, coïncidant avec le Hirak, Massinissa Mouri, indiquera que «ce sera une occasion également pour soutenir les détenus d’opinion et dénoncer les arrestations des manifestants».<