Le candidat à la présidentielle Abdelaziz Belaïd a laissé transparaître dans son discours, hier, à l’occasion de son passage dans la wilaya de Khenchela au 16e jour de campagne électorale, des signes d’agacement accusant ceux qu’il a qualifiés de «lobbies» et de «parties manipulatrices» qui œuvrent à orienter l’électorat.

Le propos du président du Front El Moustakbel intervient au moment où la campagne électorale aborde sa dernière ligne droite et aussi où des prétendants à la magistrature suprême s’adonnent à des attaques verbales sur fond d’accusation. «Il y a visiblement des parties et des lobbies qui manœuvrent de façon à orienter le vote des Algériens», a-t-il dénoncé, désignant des «cercles internes et externes».
Belaïd, 56 ans, et qui postule au poste de président de la République pour la deuxième fois après celle de 2014, a mis en garde contre «la manipulation de l’élection et sa réorientation vers une direction contraire à celle du peuple». Pour lui, «l’Algérie est excédée par ces pratiques», estimant qu’il «est temps de construire le pays sur des bases saines» et pour le peuple algérien, qui aspire au «changement» «d’assumer sa responsabilité». Pour contrecarrer ces manœuvres, le candidat Belaïd a préconisé aux Algériens «une participation massive» à cette joute électorale, soulignant que c’est le seul moyen de faire respecter la voix du peuple.
Par ailleurs, et au niveau de la permanence du comité national de soutien à la candidature d’Abdelaziz Belaïd, à Cheraga (Alger), le temps est plutôt à la mobilisation des troupes et des sympathisants. Pour le vice-président dudit comité, Hocine Ziane, qui nous a reçus au siège de la permanence, le bilan de campagne est «plutôt positif» dans la mesure où il y avait «un intérêt de beaucoup de citoyens durant la campagne électorale pour le discours du candidat Belaïd Abdelaziz». «Nous travaillons pour réussir, nous ne le faisons même pas pour avoir la deuxième place. En tout cas, là où il se déplace, il est devant des salles pleines comme de été le cas jeudi passé dans la wilaya de Blida», a-t-il ajouté sur une note de satisfaction.
Le comité nourrit-il des appréhensions sur la régularité du scrutin ? «Au niveau de notre comité, nous pensons que la prochaine élection présidentielle sera transparente», souligne M. Ziane, qui évoque la déclaration du chef de corps d’Armée, selon laquelle «l’institution militaire ne soutient aucun des cinq candidats en lice». Le comité tiendra, en outre, aujourd’hui un meeting populaire au niveau de la salle omnisports du stade de Hydra et qui sera animé par le directeur de campagne de Belaïd, Fateh Boutbik, et le président du comité, Tabti Madjid.

Ali Benflis fustige les promesses «surréalistes»
Le candidat à la présidentielle Ali Benflis s’est engagé, hier, à ouvrir le dialogue avec la corporation de l’Education nationale pour améliorer ses conditions. Depuis Mostaganem, où il animait un meeting en cette 16e journée de campagne électorale, M. Benflis a promis de «réviser les programmes scolaires des différents paliers, à promouvoir la langue arabe et de consacrer l’attachement à l’identité nationale en vue de rassembler tous les Algériens».
Mais c’est sur la nécessité d’instaurer «la sincérité du discours politique» que le candidat du parti Talaie El Houriat a axé son discours prononcé à la Maison de la culture Ould-Abderrahmane-Kaki. En ce sens, il s’en est pris au discours politique «qui prévaut sur la scène où les promesses dominent», soulignant que «le peuple n’accepte pas les promesses surréalistes». D’où la nécessité «d’instaurer la confiance entre le gouvernant et le gouverné, en disant la vérité», afin «d’édifier un Etat fort et démocratique sur la base des valeurs du peuple algérien, d’une justice indépendante et d’une presse libérée et crédible avec la réactivation du rôle de contrôle des instances de l’Etat», a-t-il prôné. Ali Benflis ne s’est toutefois pas empêché de se déclarer «porteur d’un projet politique à même de sauver l’Algérie».
Lors du même meeting, il a indiqué que son programme électoral fait de «la modernisation politique» un axe primordial, à travers la répartition des prérogatives entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement, la dynamisation du rôle du Parlement et la consécration du principe de l’alternance au pouvoir avec le respect de l’opinion d’autrui.
Au volet économique, M. Benflis n’a pas manqué de fustiger une nouvelle fois «le monopole de la richesse nationale par une certaine catégorie». Sur sa lancée, il s’est engagé à «dépolitiser l’acte économique et à lutter contre la bureaucratie».
Bengrina s’engage à promouvoir l’artisanat
Arrivé à Ghardaïa par route, à partir de Zelfana, où il a passé la nuit, il a fait une petite halte au niveau de l’esplanade du 1er-Mai, en plein centre-ville où il a pris un bain de foule et, par ricochet, jaugé sa popularité. Ce qui l’a enhardi à continuer à pied au milieu de quelque deux cents sympathisants, jusqu’à la salle de cinéma M’zab, à quelque 300 mètres de là, où il a animé un bref meeting de 17 minutes. Dans une salle de 500 sièges, tous occupés et avec des dizaines de personnes debout, il a entamé son discours par un appel du pied aux femmes au foyer auxquelles il a «promis d’attribuer gratuitement une aide financière et matérielle à toutes celles désirant exercer un métier chez elle, notamment dans l’artisanat, les gâteaux et la coiffure». Ajoutant : «J’encourage les femmes à activer chez elles tout en s’occupant d’élever nos enfants, nos futures générations. Ma priorité va bien sûr aux femmes activant dans le domaine artisanal, principalement le tapis, qui je rappelle en Iran rapporte annuellement plus de 600 millions de dollars et emploie plus de deux millions de personnes. Je rappelle également que lorsque j’étais ministre du Tourisme et de l’Artisanat, j’avais institué, par le biais de l’Anat, un prix national du meilleur tapis et la 1re édition avait été remportée par la wilaya de Ghardaïa. Aujourd’hui, je m’engage devant vous que si je suis élu président de la République, j’instituerais un prix du président de la République pour le meilleur tapis algérien.» Au sujet du problème de l’ingérence du Parlement européen, le candidat à la présidence de la République, Abdelkader Bengrina, a salué «l’élan de patriotisme du peuple algérien qui s’est levé comme un seul homme pour dénoncer et rejeter toute immixtion dans les affaires intérieures de notre pays». Ajoutant : «Restons unis, nous sommes un seul peuple. Notre cohésion est notre force, dans les moments difficiles, il n’y a ni Arabe, ni Chaoui, ni Kabyle, ni Mozabite, ni Targui mais des Algériennes et des Algériens fiers et jaloux de leur indépendance.
L’Algérie est notre pays à tous.» Revenant à l’actualité ghardaouie, Bengrina rappelle que «dans les années 1970/80, l’Algérie était une destination touristique de choix au sud de la Méditerranée et que Ghardaïa en était l’un de ses pôles les plus importants au sud du pays. Je promets, avec mon expérience dans ce domaine, de faire en sorte de redémarrer ce secteur stratégique, créateur de richesses et d’emplois.» Clôturant sa brève intervention par le sujet de l’enseignement supérieur, Bengrina s’engage, pour l’université de Ghardaïa à «élargir le nombre de facultés et à ouvrir sur place toutes les spécialités», avant de quitter la salle sous les youyous et le tintamarre créé par le groupe de musique «armé» de gros tambours ramené d’Alger dans ses bagages.