Dans les programmes des candidats à la présidentielle, la question économique est inévitable. Plus, elle est primordiale et constitue le socle sur lequel repose le discours de chacun d’entre eux.
Que ce soit lors des meetings qu’ils animent depuis le début de la campagne, durant leur passage dans des émissions de télévision ou de radio ou dans des interviews accordées aux organes de presse, les cinq prétendants en course vers la magistrature suprême du pays font, en effet, de leurs propositions économiques une offre privilégiée pour atteindre cet objectif.
Dans cette logique, ils tentent de diversifier les propositions qu’ils promettent de verser au compte des réformes structurelles dont a besoin en priorité l’économie du pays pour espérer s’inscrire dans une trajectoire réelle de développement. Sur ce registre, nous avons entendu le quintuplé de candidats insister sur la nécessité de renforcer le recours à la planification et à la prospective pour l’adoption de politiques économiques rationnelles et durables. Dans cette perspective, ils sont unanimes à plaider pour la création de nouvelles instances de planification, préconisant à l’occasion de relancer des instances déjà excitantes mais qui ne donnent plus signe de vie depuis plusieurs années, à l’instar du Conseil national économique et social (Cnes), poussé à hiberner par un mode de gouvernance sur mesure pour le Président aux quatre mandats.
Outre le Cnes, d’autres instances réhabilitées et dotées de prérogatives à la juste dimension de leur raison d’être pourront sans doute participer à bâtir un environnement propice au développement économique durable, puisqu’il reposerait sur la prospective et ne s’enfermera plus dans le bricolage dont les gouvernements qui se sont succédé ont usé pour gérer le destin économique du pays. Dans ce chapitre, un des candidats cite le cas de l’Office national des statistiques (ONS) et de l’Institut national des études de stratégie globale (INESG), deux organes qui n’ont jamais pu accomplir pleinement leur mission.
Il reste néanmoins qu’au-delà de la volonté manifeste de chacun des candidats de mettre en place les mécanismes vitaux pour une économie durable, le président qui sera élu dans moins de deux semaines devra tout d’abord entamer son mandat par un agenda d’urgence que lui impose, aujourd’hui, une crise économique que le commun des Algériens ressent chaque jour de plus en plus fortement…