La 18e édition du Festival international du film de Marrakech revient, cette année, sous le slogan de « engagement en faveur du rapprochement des cultures » en mettant à l’honneur le cinéma australien et un vibrant hommage au grand réalisateur et acteur américain Robert Redford, présent dans la ville marocaine, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du festival qui s’est déroulée, vendredi dernier, au Palais des Congrès de la ville surnommée la « Cité ocre ».
« Cette dix-huitième édition mettra encore plus en avant la beauté du septième art : une programmation riche en découvertes, avec toujours une compétition officielle révélatrice de nouveaux talents, sous le regard scrutateur d’un jury présidé par l’immense actrice, productrice et interprète écossaise, Tilda Swinton », souligne le prince Moulay Rachid, président de la Fondation du festival, dans son traditionnel éditorial publié sur le site web du Festival, pour présenter ce grand événement cinématographique qui se tient du 29 novembre au 7 décembre.
L’actrice écossaise Tilda Swinton, présidente du jury, a pour sa part également rendu un vibrant hommage à la magie du cinéma, « enchantement » qui permet de « partager les rêves les plus fous », ajoutant que « le cinéma suspend le temps et l’espace, célèbre nos différences et reconnaît nos points communs ».
Le jury présidé par Tilda Swinton comprend notamment la réalisatrice française Rebecca Zlotowski, qui milite activement pour la parité dans le monde du cinéma et de l’audiovisuel. Avec elle, siègent la réalisatrice britannique Andrea Arnold, l’actrice franco-italienne Chiara Mastroianni, l’acteur suédois Mikael Persbrandt ainsi que les cinéastes australien David Michôd, afghan Atiq Rahimi, brésilien Kleber Mendonça Filho et marocain Ali Essafi. Ce jury très mixte doit départager les 14 longs métrages en compétition pour le grand prix de l’Etoile d’or qui sera décerné le 7 décembre.
Pour rappel, l’année dernière la réalisatrice autrichienne Sudabeh Mortezai avait été couronnée pour Joy, un film retraçant l’histoire d’une jeune nigériane victime de trafic sexuel à Vienne. Pour cette 18e édition, les femmes sont particulièrement à l’honneur avec plusieurs réalisatrices et une programmation de films engagés comme Noura rêve (2019), évoquant les injustices du système patriarcal en Tunisie.
Les cérémonies d’hommage de l’édition 2019 distinguent dans la parité quatre célébrités de quatre continents, l’Américain Robert Redford, le Français Bertrand Tavernier, l’Indienne Priyanka Chopra et la Marocaine Mouna Fettou.
Une grande place est donnée aux échanges avec le public avec des « conversations » quotidiennes avec les artistes de renom, à commencer par la Française Marion Cotillard ou la Tunisienne Hend Sabry, étoile consacrée dans le monde arabe. Présente à l’ouverture, Naomi Watts a salué le « souffle extraordinaire » du cinéma australien, auquel le festival rend un hommage spécial cette année. L’actrice britannique, qui a grandi en Australie, a récemment interprété la journaliste américaine Gretchen Carlson, à l’avant-garde du mouvement #metoo avec son combat contre l’ancien patron de Fox News Roger Ailes. Le programme de cette 18e édition comprend également des films grand public anciens comme le Mad Max de George Miller (1979) ou plus récents comme The Irishman de Martin Scorsese, avec Robert De Niro et Al Pacino produit par Netflix qui avait tenu l’affiche lors de l’édition 2018 du festival. Plusieurs films seront diffusés gratuitement sur écran géant sur la grande place touristique Jemaa El Fna, coeur battant de la ville, pendant le Festival.