Les recettes d’exportations algériennes de ciment se sont chiffrées à 51 millions de dollars durant les neuf premiers mois de l’année 2019, soit une hausse de 251% par rapport à la même période de 2018, indiquent les dernières statistiques de la Direction des études et de la prospective des Douanes (DEPD).

Certes, la hausse est importante, mais il faudrait toutefois la relativiser en partant du principe qu’elle concerne un matériau dont l’Algérie était gros importateur avant de passer à l’autosatisfaction puis au statut d’exportateur, l’année dernière, à la faveur d’un excédent, qui augmente de plus en plus, poussé par des capacité de production en voie d’atteindre 40 millions de tonnes par an, alors que la demande locale se situe entre 20 et 22 millions de tonnes/an. Sur cette base de données, les
exportations de ciment atteindront les 400 millions de dollars dès l’année 2020, pour monter encore plus haut les années d’après, pour peu que l’excédent puisse bénéficier d’une planification qui lui permettrait de trouver preneur sur le marché international, principalement le marché africain en sa qualité de destination ciblée par les producteurs algériens de ciment.
En attendant les recettes de 2021, l’année 2019 devrait être bouclée à hauteur de 60 millions de dollars d’exportations, a indiqué, il y a quelques jours, le ministre du Commerce Saïd Djellab, en marge d’une cérémonie d’exportation d’une cargaison de ciment du groupe industriel Cilas, à partir de la cimenterie de Djemorah, à Biskra. La production de ciment en Algérie est nettement dominée par le groupe public Gica avec 20 millions de tonnes, suivi du particulier Lafarge Holcim Algérie, alors que le reste des opérateurs privés se partageront les 9,5 millions de tonnes restantes.
Ces opérateurs trouvent, faut-il le rappeler, des difficultés à exporter leur excédent dans sa totalité. Et pour cause, ils se heurtent au manque de mécanismes d’accompagnement à bon port, notamment en matière de logistique et de transport. C’est pourquoi d’ailleurs la Confédération des industriels et producteurs algériens (Cipa), le groupe public des services portuaires (Serport), la Société nationale d’assurance (SAA), ainsi que le Groupe cimentier Lafarge-Holcim Algérie organiseront, le 22 décembre en cours, la première Conférence internationale sur l’industrie du ciment en Algérie (Seica 2019). Un événement qui sera, justement, placé sous le thème explicite «Cap sur l’export, la logistique et le transport» et qui permettra aux participants de débattre des différents aspects liés au développement de la filière ciment en Algérie, ses opportunités et ses perspectives d’exportation.