« Ya no estoy aqui » (Je ne suis plus ici) du Mexicain Fernando Frias a décroché, vendredi soir à l’Opéra du Caire, la Pyramide d’or du meilleur film lors de la cérémonie de clôture du 41e Festival international du cinéma du Caire.

De notre envoyé spécial au Caire Fayçal Métaoui
Le long métrage, qui repose la question du trafic de drogue et de migration en Amérique du Sud, a été choisi parmi 15 films en compétition par le jury de l’Américain Stephen Gaghan. La Pyramide d’argent, prix spécial du jury, a été décroché par le film belge « Ghost Tropic » (le Fantome des tropiques) de Bas Devos. La Pyramide de bronze du meilleur premier film a été attribué ex-aequo à « The Fourth Wall » (le quatrième mur) des Chinois Zhang Chong et Zhang Bo et à « A Certain Kind of Silence » (Un certain genre de silence) du Tchèque Michal Hogenauer. Le prix Henry-Barakat de la meilleure contribution artistique est revenu au film phillipin « Mindanao » de Brillante Mendoza qui a suscité le débat ici au Caire. Pour son rôle dans le même long métrage, Judy Ann Santos a obtenu le Prix de la meilleure actrice. Le jeune Mexicain Juan Daniel Garcia Trevino a, lui, décroché le Prix du meilleur pour son rôle dans le « Ya no estoy aqui » (Je ne suis plus ici). Le prix Naguib-Mahfoud du meilleur scénario est revenu au long métrage « Bayna janat ou el ardh » (Entre Paradis et Terre) de la  Palestinienne Najwa Najjar. «  Il y a les Palestiniens oubliés dans  la Palestine historique, comme les Syriens oubliés au Golan », a regretté, sur scène, Najwa Najjar.

Un fils consacré meilleur film arabe
« Un fils » (bik n’iich » du Tunisien  Mehdi Barsaoui a obtenu le Prix du meilleur film arabe dans la section Horizons du cinéma arabe. Ce prix est doté de 15 000 dollars. Le Prix spécial du jury Salah-Abou-Seif, est revenu au même film ainsi que le Prix des Nations unies.
« Beirut Terminus » du Libanais Elie Kamal a décroché le Prix du meilleur film de la non fiction. Dans la même section, le Prix de la meilleure interprétation est revenue à Ali Thamer du film irakien « Haifa Street » de Mohanad Hayal pour son rôle de sniper dans le Baghdad tourmenté de 2006. « L’Irak est debout ! Nous cherchons en Irak notre identité.
Ce prix je le dédie aux martyrs de Karbala, Baghdad, Nassiriya et Bassorah (tués dans les dernières manifestations) », a déclaré Mohanad Hayal, qui a décroché aussi le Prix du meilleur cinéaste arabe. Il a rendu hommage au réalisateur égyptien Daoud Abdelsayad qui  lui a appris l’amour du cinéma à travers ses films. « Sons of Denmark », de l’Irako-Danois Ulaa Salim, a obtenu le Prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique (FIPRESCI). Cette fédération regroupe les critiques de cinéma. Le Prix du public Youssef-Chérif-Rizkalla, qui est doté de 20 000 dollars, a été attribué au documentaire égyptien « Ihkili » (Raconte-moi) de Mariane Khoury. « A l’intérieur de chacun de nous, il y a une histoire, des histoires à raconter. Encouragez-vous, rebellez-vous, faites des films », a lancé sur scène Mariane Khoury dont l’oncle maternel est Youssef Chahine. Dans la section « Semaine des critiques », le Grand prix Shadi-Abdesselam est revenu au film « Terre de cendres » de l’Argentine Sofia Quiros Ubeda. « Détention » du Roumain Andrei Cohn a décroché le Prix spécial du jury Fathy-Farag. Le Prix du meilleur court métrage est revenu à « La malchance merveilleuse de la femme en pierre  » du Portugais Gabriel Abrantes. Le Festival du Caire a rendu hommage à la cinéaste libanaise Nadine Labaki. Sur scène, la réalisatrice de « Caramel » et de « Capharnaüm » a lancé un message aux manifestants libanais « qui veulent écrire une nouvelle Histoire au Liban ». Un autre hommage a été rendu au directeur photos italien Vittorio Storaro. « Le directeur photos préféré de Woody Allen », a précisé Mohamed Hefzy, Directeur du festival. Vittorio Storaro, 79 ans, a travaillé avec le cinéaste algérien Rachid Benhadj, pour le film « Parfums d’Alger », et avec les réalisateurs américains Francis Ford Coppola et Waren Beatty.
La cérémonie a été ouverte symboliquement par l’actrice Leila Alwi qui a salué l’importance du festival du Caire dans la conjoncture actuelle. Mohamed Hefzy a annoncé que 40 000 tickets ont été vendus durant les dix jours du festival avec la projection de 171 films de 63 pays. «Un record ! Cela nous encourage. Le cinéma doit être une arme contre l’extrémisme et tout esprit réactionnaire. Le cinéma doit nous aider à faire connaître notre héritage culturel au monde», a-t-il déclaré.