Nawel Dib, artiste à part entière, qui n’aime pas trop les étiquettes, préfère se définir comme une personne qui aime la création de bijoux. Revendiquant à la fois sa berbérité et son africanité, cette artiste est allée puiser dans ses racines culturelles pour un résultat impressionnant, avec des bijoux qui suscitent admiration et succès. Dans cet entretien, elle nous ouvre les portes de son univers, où se mêlent les couleurs aux matières, dans une inventivité des plus captivantes.

Reporters : Comment avez-vous eu l’idée de confectionner des bijoux ?
Nawel Dib :
C’est l’envie d’avoir des créations atypiques et uniques qui m’a donné l’idée de fabriquer des bijoux. Je faisais cela pour nourrir ma passion, puis pour faire plaisir à mes proches. Mais au départ, ce que je créais ne concernait que mon cercle d’amies. Plus tard, ce travail a pris des proportions énormes.

Faut-il passer une formation ou avoir un diplôme pour réussir dans ce domaine ?
Personnellement je suis autodidacte et je suis adepte de l’adage «quand on veut on peut». Il faut, peut-être, seulement avoir au départ une sensibilité, une curiosité ou simplement être passionné. Je pense que chacun de nous a la fibre artistique et qu’il faut juste puiser les forces dans son propre potentiel et laisser après son talent s’exprimer.

Peut-on vous considérer comme bijoutière ?
Non, je ne le suis pas. J’ai du mal à vous répondre car, à vrai dire, je n’aime pas les appellations ou les étiquettes. Je suis juste une personne qui fait des bijoux. Même si cela est un peu ambigu comme explication.

Des influences berbères caractérisent vos créations, pourquoi ce choix ?
J’ai plusieurs influences ; je revendique à la fois mon africanité, ma berbérité, mon algérianité et mon universalité, surtout, car je n’aime pas être enfermée dans le même style. Je pense que j’ai plusieurs sources d’inspiration d’où la diversité de mes créations.

Quelles sont les matières et les matériaux que vous avez l’habitude de choisir ?
Tout est lié aux besoins. J’utilise essentiellement de l’argent, mais aussi du bronze, du cuivre, du bois et diverses pierres semi-précieuses. Il y a également du verre, il m’est arrivé d’utiliser de la porcelaine.

Sur quelle base vous sélectionnez les ornements ?
Mes choix dépendent essentiellement de deux facteurs, mes coups de cœur et mon influence du moment. Si j’ai envie de représenter mon pays, je vais me tourner vers une fibule, une khamssa ou une croix du Sud. Si mon inspiration est asiatique, si elle s’évade plus loin, je m’orienterai principalement vers le Népal, car je suis envoûtée par ce pays.

Est-ce qu’il y a des inconvénients pour la pratique de votre profession ?
Je préfère vous donner les avantages. Il vaut mieux voir le verre à moitié plein. C’est relaxant, on s’évade, on voyage en étant assise sur sa chaise.
C’est très gratifiant quand vous voyez cette lueur d’admiration dans les yeux d’une cliente. Surtout quand elle est en extase devant votre bijou. Ce sentiment unique est tellement délectable que je n’arrive pas à vous donner les inconvénients.

Un conseil à prodiguer aux personnes qui auraient envie de faire ce métier ?
Il faut absolument vivre son rêve, c’est à la fois fascinant et excitant. Mais, il faut le faire à travers ses propres influences et ses idées surtout. Ainsi, en créant quelque chose, on transmet une partie de nous-mêmes, donc foncez et faites-le !