Le public est convié, aujourd’hui, jeudi 21 novembre prochain, au vernissage de l’exposition «Goya Physionomiste » au Musée national des Beaux-Arts d´Alger, proposé dans le cadre des activités de l’institut Cervantès et de l’ambassade d’Espagne, réalisée par la Chalcographie nationale de l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando à Madrid.

A propos, de cette exposition, qui se poursuivra jusqu’au 22 décembre prochain, Souhila Babouche, coordinatrice des activités culturelles de l’institut Cervantès d’Alger, nous déclare que «c’est une brillante démonstration de l’imagination créatrice de Goya qui traite de la physionomie sur trois formes, l’animalité, la brutalité et la pathologie». Elle précise que cette exposition englobe trente-sept gravures du maître espagnol Goya  et des agrandissements de photographies qui traitent du même thème abordé dans l’exposition. A l’occasion du vernissage, le commissaire de la manifestation Juan Bordes sera  présent et donnera des explications détaillés sur le thème de l’exposition, sur les œuvres présentes et sur Goya lors d’une   visite guidée.  A propos du choix des gravures physionomistes de Goya, Souhila Babouche explique  que « l’institut Cervantès  culturel de Madrid propose des activités culturelles dans différentes disciplines dont des expositions itinérantes qui nous sont proposées, parmi elles, nous avons choisi cette exposition qui est assez surprenante et illustre une part du brillant génie de Goya ». L’exposition met, ainsi, en relation les visages dessinés par Goya et les traités de physiognomonie du XVIIIe siècle que l’artiste a pu lire, notamment « l’Art de connaître les hommes par la physionomie » (1775-1778) de Lavater, théologien suisse.  La coordinatrice culturelle de l’Institut Cervantès ajoute à propos du choix du  prestigieux Musée des beaux-arts d’Alger pour accueillir l’exposition, alors qu’habituellement elles sont organisées au niveau de la salle des expositions de l’Institut Cervantès, que «le musée des beaux-arts est serti d’œuvres exceptionnelles de grands artistes. Il   était évident pour nous que la place de Goya est naturellement au milieu de ces artistes de génie ».  Il est à noter que la mise en place de cette exposition a débuté, hier, au niveau du prestigieux musée d’Alger, par le designer Enrique qui a fait le choix de lumières et de la disposition de l’accrochage des œuvres.
Par ailleurs, les organisateurs soulignent dans la présentation de cette exposition, que la physionomie, littéralement la «connaissance de la nature», concerne l’évaluation du caractère humain à travers l’étude des traits physiques. Ainsi, «ce concept d’une adéquation entre le corps et l’âme qui remonte à l’Antiquité, en particulier avec Aristote, ressurgit dans la pensée du XVIIe siècle ».  Certaines théories relèvent les similitudes, déjà connues au XVIe siècle, qui existent entre des visages humains et des faciès animaliers. De là, naît une mode pour l’étude de « l’animalité » du visage humain et de ses expressions. S’y ajoute l’apparition d’une physiognomonie s’attachant aux anomalies de l’expression qui traduit des symptômes de maladies. Une des caractéristiques des visages créés par Goya, qui transmet ses émotions à l’état pur, est la «brutalité». Il est  aussi noté que Goya dans son œuvre graphique, mais aussi dans sa peinture, construit des visages très éloignés des visages inexpressifs des courtisans. Le visage chez Goya parle de ce fait sans dissimulation et directement au peuple, qui est le principal destinataire de ses estampes.