On ne saura jamais s’il aurait pu être sauvé. Mais on sait que la promesse n’a pas été tenue. Pourtant, Salim Raouf Bernaoui, premier responsable du sport en Algérie, avait promis de prendre Abdelbasset Bouzar en charge et le transporter pour être soigné à l’étranger. Il n’en fut rien. Parce que le jeune lutteur de 18 ans a rendu l’âme lundi après un long combat avec une tumeur cérébrale. Livré, avec son père, à son triste et tragique sort.

On ne parlera pas dans ces colonnes de l’athlète mais du jeune algérien avant tout. Comme tant d’autres. Il a été abandonné dans un lit de l’hôpital Frantz Fanon de Blida. Et pourtant les ministères de la Santé, celui de la Solidarité et de la Jeunesse et des Sports (MJS) avaient laissé croire et espérer qu’ils allaient s’occuper de son transfert pour une prise en charge de l’autre côté de la rive. Une aide qui n’a jamais été concrétisée. Cela a laissé sa famille dépitée après avoir perdu son enfant en lequel voyait une étoile sportive destinée à briller pendant des années.
Dans ce destin dramatique, il y avait ce père resté proche de son enfant qu’il n’a jamais délaissé. Il avait même lancé un cri de détresse sur de nombreuses chaînes télévisées. Le dernier était après que son fils a rendu l’âme : « J’ai parlé, une énième fois, avec le ministre de la Jeunesse et des Sports la veille du décès de mon fils. Je l’ai informé qu’il allait très mal et que son état était dangereusement aggravé. Comme chaque fois, il me disait «in cha Allah fiha khir» (ça ira si Dieu le veut) », a-t-il témoigné.

Bernaoui, promesse non tenue
Celui qui est au sommet du MJS avait, il faut le rappeler, promis que l’Etat allait s’occuper d’Abdelbasset à 100% au terme d’une plaidoirie pleine de démagogie et de populisme. Au final, il n’y avait rien de concret. « C’est notre fils et notre frère qui est malade avant tout. Avant d’être un sportif, il est Algérien et on se doit de s’occuper de son cas », avait déclaré, le 29 octobre dernier lors de la réception des karatékas algériens à leur retour du Mondial de la discipline abrité à Santiago (Chili), le successeur de Mohamed Hattab.
Vingt jours après, aucune démarche n’a été entreprise. Le temps s’est écoulé pour celui qui a décroché deux titres africains, deux médailles d’or arabes et 15 consécrations sur le plan national. Derrière lui, Abdelbasset laisse l’image d’un jeune ambitieux surpris par la maladie et trahi par sa santé. Surtout, il met à nue l’hypocrisie et la récupération politique sur le dos des gens qui souffrent. Un espoir de vie qui ne naît que devant les caméras et les micros. De la comédie. De l’hypocrisie et un tas de mensonges débités par des comiques de la politique. Des commis frisant le mesquin et le pathétique. A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons. n