La commission des finances du Sénat a entamé, hier, le débat autour du projet de loi de finances 2020. Face aux explications du ministre des Finances, les sénateurs avaient la tête ailleurs. Actualité oblige, ils étaient beaucoup plus préoccupés par le déroulement de la campagne électorale pour les présidentielles du 12 décembre prochain.

Benflis ayant été chahuté à Tlemcen, l’absence de Tebboune lors du premier jour de campagne et les déboires tant de Bélaïd que de Bengrina, à Adrar, ont alimenté les discussions entre sénateurs. « La loi de finances pour 2020 a été débattue et adoptée par les députés, nous, au Sénat, on aura juste à lever la main le jour de la plénière. Ce qui veut dire que toute critique de notre part ne va aucunement modifier la donne », relève un sénateur, membre de la commission des finances. Selon lui, « peu de sénateurs sont intervenus lors des débats ayant succédé à la présentation du ministre, parce qu’ils sont étonnés de la tournure prise par la campagne électorale ». En ce sens qu’« ils se sont dit inquiets sur les conséquences d’une campagne morose sur la tenue de la présidentielle ». « Beaucoup de sénateurs s’interrogent sur la tenue de l’élection présidentielle, compte tenu de la défection des citoyens dans les salles abritant les meeting et la contestation qui accompagne l’apparition des 5 candidats ».
Interrogé par nos soins, un sénateur FLN, qui explique qu’il soutient le candidat Tebboune, ne manque pas de faire observer « la difficulté de la tâche des candidats ». « Même si le candidat a ouvert plusieurs permanences électorales, on a remarqué que très peu de citoyens osent le déplacement », explique-t-il, précisant que « le fait que les permanences électorales soient affreusement vides joue sur le moral des candidats ». Selon lui, « c’est ce qui explique l’absence de Tebboune le premier jour de campagne ». Un sénateur RND, quant à lui, ne manque pas de pointer l’absence de l’implication y compris des militants du parti dans l’actuelle campagne de Azzedine Mihoubi : « Nous savons pertinemment que le RND a été beaucoup malmené du temps d’Ouyahia et a aussi subi les contrecoups de son incarcération, mais cela ne peut à lui seul expliquer les raisons de l’absence des militants de base du parti lors de cette campagne électorale ». Aussi, il explique que « nous avons pensé que les militants allaient profiter du fait que le FLN ne présente pas de candidat pour nous mobiliser en faveur de Mihoubi, mais finalement ce n’est pas le cas ». Des sénateurs ne manquent pas de s’interroger aussi sur les raisons de l’absence du Mouvement populaire algérien (MPA), le parti de Amara Benyounes, de la campagne électorale, mais aussi sur les raisons qui ont fait que le candidat de TAJ à l’élection présidentielle n’a pas pu réunir les conditions d’une candidature en bonne et due forme. Les mêmes sénateurs s’interrogent tout autant sur les raisons de l’absence du soutien tant du FLN que de TAJ aux candidats actuellement en lice. Quoi qu’il en soit, ils sont beaucoup plus tournés vers la présidentielle, en attendant la programmation, le 24 novembre prochain, de la présentation du Projet de loi portant Loi de finances de l’année 2020. Les travaux se poursuivront lundi 25 et seront suivis dans l’après-midi par la présentation et le débat du Projet de loi relatif aux lois de finances. Le 26 novembre, il sera question de la présentation et du débat du Projet de loi régissant les activités des hydrocarbures, alors que le mercredi 27, il sera procédé à la présentation et au débat du Projet de loi portant sur le Code de procédure pénale, suivi dans l’après-midi de la présentation et du débat du Projet de loi portant Statut général des personnels militaires.