Des spécialistes en neurochirurgie ont appelé, hier à Alger, à la prévention contre les différents traumatismes graves dus à des accidents pouvant causer une paralysie partielle ou totale, ou un handicap à vie, dont la prise en charge est très coûteuse pour l’Etat et la société.
Lors de la journée de formation «Djilali Rahmouni», le secrétaire général de la société algérienne de neurochirurgie, le Pr. Lakhdar Guenane a insisté sur la prévention contre tout type de traumatisme pouvant endommager le système nerveux dont les accidents de la route et accidents domestiques, outre ceux auxquels les sportifs et les estivants sont exposés. Le spécialiste a qualifié les traumatismes du système nerveux dus aux accidents «de graves et très coûteux pour le trésor public et la société en général», car la personne atteinte d’une paralysie partielle ou totale suite à un traumatisme passera toute sa vie sur un fauteuil roulant, sans oublier son hospitalisation pour trois ans au moins, la durée de sa rééducation fonctionnelle et les souffrances endurées au lit (escarres)». L’établissement hospitalier spécialisé des urgences médico-chirurgicales Salim Zmirli d’El-Harrach (Alger) enregistre quotidiennement plus de 80 cas de traumatisme crânien dus aux accidents de la route ou du travail, dont certains nécessitent une longue hospitalisation et d’autres des interventions chirurgicales urgentes. Il a annoncé par ailleurs l’ouverture d’un nouveau service de neurochirurgie à l’hôpital de Thenia (ouest d’Alger), pour désengorger les hôpitaux du centre, notamment de Zmirli qui souffre d’une grande pression. La présidente de la société algérienne de neurochirurgie, la Pr Souad Bakhti a insisté sur la nécessité de former des médecins généralistes et des pédiatres au dépistage précoce des lésions du système nerveux chez les adultes et les enfants pour mieux orienter les patients vers les spécialistes et s’enquérir des nouveautés survenues de par le monde.
La neurochirurgie implique la participation de toutes les spécialités concernées pour une meilleure prise en charge du malade, a-t-elle soutenu, soulignant la couverture de cette spécialité dans les différentes régions du pays, à travers 19 services dont 16 qui forment des médecins résidants dans le secteur public civil et trois autres dans le secteur militaire. Concernant la disponibilité des moyens pour la prise en charge des patients dans cette spécialité, la Pr Bakhti s’est dite satisfaite de la dotation de tous les services de médecins spécialistes et des moyens nécessaires, en dépit de certaines lacunes surmontables avec le temps.