Plusieurs établissements scolaires sont en train de bouillir. Non, ce ne sont pas les marmites censées dispenser des repas chauds aux écoliers, mais plutôt une gronde de la part des enseignants, justifiée ou non, et où, et comme toujours c’est l’apprenant qui paye la note.

Au niveau du CEM El Maâmoune, par exemple, sis à la cité Loucif, les relations entre la direction et les enseignants ont vraiment empiré. Dénonçant la gestion catastrophique du directeur des lieux, M. Guerfi, ces derniers multiplient les débrayages et ne comptent pas s’arrêter de sitôt. Affiliés au Cnapest élargi, les contestataires se sont exposés à plusieurs reprises devant le portail de la direction de l’éducation voulant porter leurs revendications auprès du premier responsable du secteur. En vain. M. Mohamed Bouhali, très connu pour faire l’autruche, a perdu l’estime des responsables du secteur et des enseignants, se contentant de tout promettre et de ne tenir aucun engagement. Une situation qui a fait que de nombreux blocages font des petits et que la protesta gagne différentes écoles, CEM et lycées. Pour en revenir au CEM El Maâmoune, une majorité d’enseignants reste résolus pour le départ du directeur qui serait « à l’origine de la dégradation de la situation actuelle ». Ce conflit qui s’enlise pénalise déjà quelques classes et menace d’englober toutes les autres. Plus loin géographiquement, mais très proche par les revendications exprimées, le CEM Rokia Boughaba a vu le bras de fer entre enseignants et directrice des lieux tourner en faveur des premiers cités, après une grève de 15 jours. En effet, nous avons appris qu’il a été mis fin aux fonctions de la directrice de l’établissement, et que les enseignants avaient repris les cours mercredi dernier. La protesta et l’unique exigence des grévistes étaient le départ de Mme Assia Benmhidi, qui, selon eux, « abusaient de sa fonction et traitait tout le monde avec mépris, insultes, sans compter les sanctions qui pleuvaient à chaque divergence d’opinion ». Ne l’entendant point de cette oreille, la désormais ex-directrice Assia Ben M’hidi s’est farouchement défendue dans un communiqué rendu public, seulement après avoir découvert « de graves dépassements », chose signalée à la direction de l’éducation qui est restée muette sur le sujet, se contentant de mettre fin au conflit en écartant la directrice du CEM, bien que la grève ait été rendue effective sans préavis préalable, comme le stipule la loi. M. Bouhali qui aurait pu éclairer notre lanterne a préféré encore une fois jouer la fille de l’air, son encadrement prétextant à chacune de nos tentatives de le contacter des réunions et des déplacements hors de la direction. Ce n’est pas cela qui empêchera d’autres établissements scolaires de ruer dans les brancards profitant de la situation confuse actuelle que traverse le pays, et du je-m’en-foutisme affiché par le premier responsable du secteur au niveau de la wilaya de Constantine.