Nul doute que le potentiel des énergies renouvelables en Algérie et sa répartition géographique présentent des opportunités réelles de développement. Or, sa mise en exploitation, à travers un programme national de développement lancé par les pouvoirs publics en 2011, est restée jusqu’ici faible. Chercher les entraves qui freinent l’exécution du programme sera l’une des missions essentielles du commissariat national aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (ENR) qui vient d’être créé, mais pas seulement, puisque, jeudi dernier, le commissaire de cette instance, le Pr Yassaâ Noureddine, qui occupait auparavant le poste de directeur du centre de développement des énergies renouvelables, a été installé lors d’une cérémonie présidée par le ministre Mohamed Arkab. A cette occasion, le Premier ministre Noureddine Bedoui a indiqué, dans son allocution, lue par Mohamed Arkab, que « la mise en place de ce commissariat vient en réponse aux difficultés et aux obstacles ayant été enregistrés lors de la mise en œuvre du programme national des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique ». M. Noureddine Bedoui a signifié également que les difficultés consistent en un manque de coordination entre les différents secteurs, l’insuffisance en termes de compétences techniques et la non-conformité des modes de financement actuels, ajoutant que ce commissariat
« constituera une force de proposition à la disposition des pouvoirs publics en vue d’opérer les changements dynamiques devant être introduits pour être au diapason du développement technique, technologique, scientifique et économique ». Le chef de l’Exécutif a ajouté, à ce propos, que « la diversité des acteurs dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, outre la complexité des missions à assumer pour atteindre les objectifs stratégiques fixés par l’Etat, requièrent une coordination efficiente et cohérente entre les différents secteurs ».
Au sujet des missions du commissariat, le Premier ministre a indiqué : « Le commissariat aura pour mission de définir une stratégie nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique et d’assurer une coordination des efforts nationaux en vue de mettre en oeuvre les programmes adoptés par le pouvoir politique en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. » « Le commissariat œuvrera également à assurer le soutien nécessaire aux parties prenantes institutionnelles et économiques en termes de formation, d’encouragement de la recherche, du développement des informations scientifiques et techniques sur les énergies renouvelables », a ajouté M. Bedoui. Et de rappeler enfin que les autorités publiques algériennes ont adopté, en février 2011, un programme national aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique à l’horizon 2030, dans le cadre de la planification de l’avenir énergétique en Algérie eu égard « à la demande croissante en énergie à l’effet d’amener le pays à diversifier ses ressources énergétiques et au final assurer l’avenir des générations montantes ».
« L’objectif attendu à travers ces programmes est d’assurer la sécurité énergétique de notre pays et de créer à long terme une dynamique pour le développement économique par la relance des industries sources de richesse et de postes d’emploi permanents et la préservation de l’environnement ainsi que la lutte contre le changement climatique ».
Contacté, hier vendredi, le Pr Yassaâ nous a expliqué que l’idée de créer un commissariat national aux énergies renouvelables va « permettre d’avoir une meilleure vision dans la stratégie à adopter pour passer au plus vite à une transition énergétique, comme cela se fait dans plusieurs pays ». Cet expert a par ailleurs tenu à nous faire savoir que « pour atteindre les objectifs escomptés, nous avons opté pour des plans d’actions annuel et biannuel ».
Il considère enfin que « le citoyen est aussi partie prenante dans l’exécution du programme national de développement des énergies renouvelables ». Autrement dit, « le citoyen peut y contribuer en rationnalisant sa consommation d’énergie électrique ».