La révision de la Constitution figure parmi les priorités du candidat à la présidentielle du 12 décembre prochain, Abdelaziz Belaïd, qui s’engage dans la course à la magistrature suprême pour la deuxième fois après celle de 2014, où il était arrivé troisième après MM. Bouteflika et Benflis.
Cinq ans plus tard, le président du Front El Moustakbal (FM) revient à la charge dans une élection présidentielle à plusieurs inconnues et pour laquelle il ne lésinera cependant pas sur les promesses avant même le coup d’envoi officiel de la campagne prévue demain.
En introduction à cette campagne, qui verra les prétendants au palais d’El Mouradia investir un terrain hostile à la tenue de la présidentielle, l’ancien député du Front de libération nationale a dévoilé, avant-hier à Alger, les grands axes de son programme électoral.
De ce programme, intitulé « le peuple décide », il ressort visiblement une intention de « réformes profondes » dont le point d’orgue pourrait être la révision de la Constitution que le candidat considère comme l’une de ses priorités. Cette intention est à inscrire, à se fier au discours de Belaïd, dans la promesse de « bâtir des institutions fortes» à travers des «réformes profondes» qui répondraient aux aspirations du peuple.
Parmi les axes de son programme figure le secteur de la Justice, pour lequel M. Belaïd s’est engagé à garantir son « indépendance » sans donner de plus amples explications sur cette question centrale et déterminante pour toute construction démocratique.
Les promesses de M. Belaïd n’ont pas épargné le secteur des médias où il compte opérer des « amendements » sur la loi de l’information, tout en évoquant « la transparence en matière de répartition de la publicité publique ». En plus de la révision de la loi fondamentale qu’il compte opérer dans le cas de son élection, le candidat du FM projette l’amorce d’un «dialogue inclusif regroupant toutes les obédiences politiques présentes au sein de la société».
Il promet par ailleurs une lutte « implacable » contre la corruption, qui est manifestement un véritable leitmotiv chez tous les candidats. Ils semblent avoir capté le message de la rue qui vilipende depuis plusieurs mois une gestion des affaires publiques marquée par la dilapidation, le népotisme et le détournement des biens publics.
En matière de solutions aux différentes préoccupations citoyennes, Abdelaziz Belaïd s’engage à résoudre le problème du chômage qui continue de toucher une proportion non-négligeable des jeunes et des nouveaux diplômés universitaires. Il promet également une revalorisation des salaires des fonctionnaires alors que la situation financière du pays ne permet pas une telle projection. De son programme électoral émerge également l’idée de création d’une instance dédiée à la communauté algérienne établie à l’étranger dont l’objectif est de « faciliter l’intégration des enfants de la communauté au processus de la réforme économique en tirant profit de leurs compétences et leur expérience ».
Le candidat à l’élection présidentielle est revenu, par la même occasion, sur le scrutin présidentiel estimant qu’il constitue « la seule solution pour sortir de la crise » que traverse le pays depuis plusieurs mois.