Le projet de loi sur les hydrocarbures qui a suscité polémiques et controverses a eu l’aval des députés grâce à la majorité parlementaire du FLN-RND alors que les partis de l’opposition ont préféré boycotter la plénière de l’adoption.
Avant la séance de l’adoption, le ministre de l’Energie a dû défendre le contenu du texte pour rassurer que les dispositions de la loi régissant les activités des hydrocarbures sont porteuses de deux messages.
Le premier à l’adresse des investisseurs et le second pour la communauté nationale, cette dernière qui a manifesté sa désapprobation à l’égard de la même loi. Ceci pour le moment qui précédait l’adoption.
Mais une fois passer l’écueil de l’adoption, le premier responsable du secteur de l’énergie s’est mis à définir les priorités de l’heure.
« Nous sommes appelés à œuvrer à l’exploitation et la valorisation de nos ressources, en consentant davantage d’efforts d’exploration, en multipliant nos réserves en hydrocarbures et en drainant les revenus nécessaires au développement durable et à la réalisation de la sécurité énergétique dans le cadre du principe gagnant-gagnant, sans pour autant porter atteinte à la souveraineté nationale », a expliqué le ministre.
Un propos qui peut être considéré comme une obligation de réponse aux avis exprimés depuis l’adoption du texte par le Conseil des ministres, une adoption qui a été accompagnée par une vague et intense contestation.
Car si l’opinion publique et l’ensemble de la classe politique se sont farouchement opposés à ce texte, c’est parce que son élaboration, son adoption en Conseil des ministres et sa présentation au Parlement n’étaient point une urgence de l’heure.
D’autant plus, soutiennent les contradicteurs, que le gouvernement en place n’est que celui des affaires courantes et qu’une loi sur les hydrocarbures est une question déterminante qu’il n’est pas permis de la préparer alors que le pays se cherche des institutions pérennes et surtout politiquement légitimes.
C’est vraisemblablement ce déficit de légitimité qui aurait plus déclencher la remise en question de cette loi au moment où les spécialistes en la matière plaidaient plutôt pour une politique énergétique nationale globale qui fait défaut.
Gageons que le gouvernement, après avoir passé le test de la loi sur les hydrocarbures, puisse ouvrir le chantier d’asseoir une véritable politique énergétique qui épargnera au pays cette instabilité réglementaire dans le secteur.