Le candidat à la présidentielle du 12 décembre prochain, Ali Benflis, s’est offert hier une nouvelle tribune politique pour faire la promotion de son programme avant le coup d’envoi officiel de la campagne prévu dimanche prochain.
Invité du forum du quotidien El Hiwar, l’ancien chef du gouvernement a donné la part belle de son intervention à la question de la justice qui fait incontestablement débat dans un contexte particulier pour l’appareil judiciaire.
M. Benflis a réitéré, par la même occasion, d’œuvrer pour « la libération de la justice de la mainmise du pouvoir exécutif », mettant en évidence le présent emballement des affaires de justice qui a mis au goût de jour la place de l’indépendance de l’appareil judiciaire dans la construction d’un Etat de droit.
C’est dans cette finalité que M. Benflis s’est efforcé à défendre sa conception de l’Etat et de ses attributs, un thème sur lequel il s’est appuyé pour vilipender, de façon allusive, le règne d’Abdelaziz Bouteflika désigné par « l’exercice pharaonique du pouvoir ».
Il a promis, dans ce registre, un partage des prérogatives constitutionnelles entre le premier magistrat du pays et son Premier ministre qui émanera, insistera-t-il à le rappeler, de la majorité parlementaire.
Ce chapitre l’invitera dès lors à évoquer l’une des étapes qu’abordera sa gestion s’il venait à être élu président de la République.
Il s’agit des élections législatives anticipées qui interviendront, selon l’agenda tracé par le candidat de l’Avant-garde des libertés, six mois après le scrutin présidentiel.
En évoquant le parlement, M. Benflis a indiqué qu’il s’agit d’un pilier de la pratique démocratique des institutions aussi bien, dira-t-il, par l’élaboration des lois qu’à travers le contrôle de la gestion gouvernementale.
Interrogé par ailleurs sur les motivations de sa candidature à la magistrature suprême dans un contexte politique peu favorable compte tenu notamment de l’opposition populaire à la tenue du scrutin, M. Benflis s’est dit comprendre totalement une telle lecture qui ne manque pas d’objectivité.
Il soutiendra cependant qu’il s’agit de l’option qui présente « le moindre mal » tout en déclarant qu’il est conscient que les conditions dans lesquelles va se dérouler la joute électorale « sont loin d’être idéales ».
Pour l’ancien chef du gouvernement, il n’est pas dans l’intérêt de quiconque de « laisser le pays sans un président qui puisse s’adresser à son peuple et de représenter le pays dans les rendez-vous internationaux ».
L’autre question qui est revenue à cette occasion a trait aux différents soutiens dont bénéficierait la candidature d’Ali Benflis qui brigue la magistrature suprême pour la troisième fois après deux expériences infructueuses devant Bouteflika en 2004 et en 2014. « J’ai la certitude inébranlable que des parties vont me soutenir et que d’autres vont me critiquer, voire même m’attaquer. Tout cela je l’assume depuis que j’ai fait le choix de me porter candidat à la présidentielle de décembre prochain », a-t-il répondu. Les formations politiques avec lesquelles Talaie El Hourriyet avait coordonné des actions notamment au sein des forces du changement apporteront-elles leur soutien à la candidature de Benflis ? Le concerné ne s’est pas aventuré dans une réponse qui mettrait dans l’embarras les partisans de la plate-forme de Aïn Benian. L’opinion publique sait cependant que des partis politiques ont déjà rallié la candidature de Benflis à l’image de Fadj El Djadid de Tahar Benbaibèche et le Front de l’Algérie nouvelle (FAN) de Djamel Benabdeselam. Sur ce registre, c’est la position du Front pour la justice et le développement (FJD) d’Abdallah Djabbalh qui reste la plus grande curiosité de cette élection, lui qui n’a pas fermé la possibilité, après avoir tranché sa propre non-participation. Par ailleurs, M. Benflis est resté sur sa ligne au sujet du « dialogue » qu’il promet d’engager avec la classe politique, notamment l’opposition. Il a annoncé, à ce propos, ce qu’il a qualifié d’un « gouvernement d’ouverture national ».