Devant la détérioration de l’état de santé du moudjahid Lakhdar Bouregaâ, et après les appels de sa famille aux autorités, l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) s’est mis du côté de ce baroudeur de la première heure de la guerre de libération, appelant le ministre de la Justice à intervenir pour sa libération.

Dans un courrier adressé le 12 du mois en cours à M. Belkacem Zeghmati, l’ONM exprime ses « inquiétudes » et appelle le ministre à tenir compte de considérations humaines et historiques. « A la lumière du suivi quotidien et minutieux de l’état de santé du moudjahid Lakhdar Bouregâa et vu les derniers développements inquiétants de son état de santé, le secrétariat national de l’Organisation nationale des moudjahidine vous adresse cette sollicitation, partant de considérations humaines et historiques, en relation avec le lien de ce moudjahid avec la guerre de libération », écrit l’organisation.
Rappelons que le 5 novembre dernier, le moudjahid qui se trouve en prison depuis fin juin pour « outrage à corps constitué et atteinte au moral de l’armée », a été transféré au CHU Mustapha-Pacha où il a été opéré avec succès d’une occlusion intestinale. Ce transfert a suscité émoi et solidarité au sein de l’opinion publique. Mais aussi colère et indignation contre la famille révolutionnaire, notamment l’ONM, qui ne s’est pas manifestée. Sa fille Nabila avait alors écrit : « Je n’avais jamais vu mon père dans cet état. Mon père va sur ses 87 ans et au lieu d’être entouré des gens qui l’aiment, sa compagnie se résume à des policiers qui le surveillent et qui bloquent chaque entrée. Ont-ils attrapé un dangereux criminel qui risque de s’enfuir à tout moment ? Non, bien évidemment que non. Son seul crime a été de défendre son pays. Crime qu’il commet depuis 65 ans et qui, si la situation ne change pas, lui coûtera la vie ».
Dans son courrier, l’ONM a tenu à rappeler au ministre de la Justice cet épisode de l’emprisonnement de Bouregaâ : « Comme vous le savez, la détérioration de l’état de santé du concerné (Lakhdar Bouregâa) a nécessité son transfert en urgence de la prison d’El Harrach vers l’hôpital Mustapha-Pacha d’Alger », a-t-elle indiqué. Et c’est à partir de ce qu’elle qualifie de « développement dramatique», et «nonobstant les positions conjoncturelles vis-à-vis de l’actualité et ce qui en a suivi comme conséquences », que l’ONM dit son « entière confiance que vous preniez une initiative qui tienne compte des considérations propres à ce moudjahid, déjà évoquées, afin de lui permettre de se retrouver au sein de sa famille et de bénéficier de la meilleure prise en charge que nécessite son état».
L’appel de l’ONM est le troisième du genre après deux précédents lancés par sa famille. Le 22 octobre dernier et alors que Lakhdar Bouregaâ a refusé de répondre aux questions du juge d’instruction ; en signe de rejet des accusations portées contre lui, sa famille publiera un communiqué adressé aux «autorités judiciaires » aux « institutions de l’Etat algérien et à toutes les personnalités nationales», appelant à sa libération.
Lundi dernier encore, la fille du Commandant de la Wilaya IV historique, a avoué, en s’adressant aux soutiens de la première heure’ du combat de Bouregaâ du Hirak, qu’elle préférerait voir son père «symbole vivant qu’en martyr». «Aidez-nous à le libérer, aidez-nous à le sortir de cette situation», a déclaré Nabila Bouregaâ.