Trois courts métrages algériens ont été projetés, avant-hier, au Festival international du film d’Alger (Fica), qui prendra fin officiellement ce jeudi. Il s’agit de «Hadi Hiya» (Ainsi soit-il) de Youcef Mahas, «La fausse saison» de Embarek Menad ou encore «Une histoire dans ma peau», réalisé par Yanis Kheloufi, des films qui traitent du phénomène de la violence dans la société, ainsi que des terribles événements de la décennie noire.

Le court métrage «Hadi Hiya», (Ainsi soit-il) de Youcef Mahas, raconte l’histoire d’un couple et de leur fille Nazek, vivant une vie normale avec des rêves et des ambitions, mais évoque aussi les traumatismes psychologiques de la tragédie de la décennie noire et, ou Sarah, l’épouse, ne cesse de se souvenir des terribles événements qu’elle a vécus. Une tragédie où elle a perdu toute sa famille, ainsi que ses cousines avec lesquelles elle était très proche. Tourmentée, Sarah, qui vit dans une vétuste maison coloniale avec son mari, Lyès, et sa fille Nazek, se sent prisonnière d’un passé douloureux duquel elle ne peut se détacher. Ajouter à cela, un mari lâche, qui ne pense qu’à lui. Il s’est endetté de plusieurs millions et se cache derrière la porte de sa maison, demandant à sa femme d’intervenir à sa faveur auprès des personnes qu’il a escroquées.
Les comédiens, issus du milieu théâtral, et dont le jeu, qui s’est tout de suite rapproché des planches, a généré un trouble dans le film, les éloignant des techniques scénographiques. Autres défaillances à relever dans ce court-métrage, le montage du son, qui n’était pas cohérent, les cris étaient trop forts et sonnaient faux aux oreilles du public.
Pour sa part, le réalisateur Menad Embbarek aborde, à travers «La fausse saison », d’une durée de 15 minutes, l’époque de la décennie noire avec l’histoire de Djamel, un fidèle, vivant dans une famille modeste et émancipée qui, pourtant, ne le prédestinait pas à intégrer un groupuscule extrémiste qui allait attenter à la vie de son voisin de quartier, un chanteur de cabaret.
Présent à la projection, le réalisateur, qui fait sa première expérience dans le cinéma avec des comédiennes novices, dit être «motivé par le devoir de mémoire à toutes les victimes du terrorisme», dont des intellectuels, des artistes et des journalistes, à l’instar de Tahar Djaout. Il ajoute qu’il tente de porter un regard sur «la société algérienne qui pâtit du manque de communication, ce qui favorise l’exclusion et l’extrémisme».
Par ailleurs, « Une histoire dans ma peau » (17 minutes) suit le quotidien de Kader Affak, militant dans une Algérie contemporaine. Comédien et humaniste, il est actif sur plus d’un front. Infatigable homme-orchestre et instigateur de dynamiques positives, Kader gère l’association caritative «Le Cœur sur la main» et anime «Le Sous-Marin», café-littéraire et espace de libre expression artistique situé à Télemly, à Alger. Ces lieux, dit-il, porteurs de mémoire, d’émotions et de leçons, sont évocateurs car ils ont hébergé, durant les années du terrorisme, des journalistes, des écrivains ou encore des patriotes. Chargé d’optimisme et d’espoir, Kader invite ainsi les présents à entrevoir l’origine de son combat entre ombres et lumières.