Une journée de formation et de sensibilisation au patrimoine du réseau des parcs algériens au profit des journalistes, a eu lieu, dimanche dernier, à la Bibliothèque nationale El Hamma, Alger. Lors de cette journée, Salah Amokrane, directeur national du Projet du patrimoine culturel algérien (PPCA), a donné une communication concernant le rôle, les objectifs ainsi que le financement du projet des parcs. Un projet lancé, en 2014, pour la conservation et la valorisation des patrimoines du réseau des parcs culturels. Il est à noter que l’Algérie renferme un réseau de parcs culturels couvrant une superficie de plus de 1 042 527 km2, soit près de 44% du territoire national. Le directeur national du PPCA, a d’emblée expliqué que le parc culturel algérien est un projet de coopération internationale entre le gouvernement algérien et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM). Ainsi, le PPCA est coordonné par le ministère des Affaires étrangères, exécuté par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), et la mise en œuvre par le ministère de la Culture. Le conférencier a également souligné que les objectifs du projet portent sur le renforcement des capacités nationales en matière de gestion durable des ressources naturelles en y associant la société civile, en intégrant la lutte contre la pauvreté, l’utilisation durable de la biodiversité et la gestion durable de l’utilisation des terres. Il s’agit également de renforcer la capacité nationale de lutte contre la dégradation des terres et de désertification. Le directeur du PPCA explique également aux représentants des médias présents que les principales missions du projet sont, notamment, la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine culturel et naturel des territoires compris dans la limite du parc culturel et de participer à des rencontres au niveau national et international. Le financement de ce projet a aussi été évoqué par le conférencier qui précise que «le financement du projet est estimé à 26 milliards de dollars». Pour ce qui est de l’exploitation du patrimoine dans le secteur du tourisme, M. Amokrane estime que l’Algérie n’est pas encore prête «pour le moment, on ne peut pas exploiter notre patrimoine dans le tourisme. On n’est pas encore prêts ». Il affirme, dans ce sillage que «notre rôle est de préserver le patrimoine et préparer le terrain aux autres secteurs, à savoir le tourisme, la culture, l’agriculture, etc. Le législateur a séparé entre celui qui doit préserver et celui qui exploite ce patrimoine en tourisme ».
Salah Amokrane met également en relief le rôle prépondérant des médias, en soulignant que «le rôle de la presse dans la médiatisation des missions de ce projet est nécessaire, afin de vulgariser et préserver la biodiversité. Ceci dans l’intérêt général et l’utilisation durable des services éco-systémiques dans les parcs culturels». Pour Alico Blerta, représentant de PNUD, l’Algérie porte un grand intérêt à l’environnement et à la préservation du patrimoine éco-culturel et ce, dans le respect de la législation internationale. Le représentant du PNUD estime aussi qu’il faut communiquer et internationaliser davantage le patrimoine algérien. Lors de cette journée, les organisateurs de l’événement ont aussi souligné le rôle incontournable des médias dans la préservation de ce patrimoine mondial.
Les objectifs de cette journée sont de donner de la visibilité au réseau des parcs culturels et à son patrimoine éco-culturel auprès des professionnels des médias, renforcer le rôle des médias dans la sensibilisation à la conservation et valorisation du patrimoine éco-culturel du réseau des parcs culturels, encourager la spécialisation des journalistes dans le domaine du patrimoine et consacrer une rubrique spécifique au patrimoine. A noter, après l’avis de la commission nationale des biens culturels, «les territoires classés en parcs culturels sont gérés par des établissements publics à caractère administratif sous tutelle du ministère de la Culture. La création de l’office et la réglementation applicable dans les limites du parc culturels font l’objet d’un texte règlementaire ».
Pour rappel, la loi 98-04 de juin 1998 portant sur la protection du patrimoine culturel de la nation est la loi fondatrice des parcs culturels qui, dans l’article 38, stipule que « sont classés en parcs culturels les espaces caractérisés par la prédominance des biens culturels qui s’y trouvent et qui sont indissociables de leur environnement naturel ».