Dans le sillage des initiatives prises par un collectif d’enseignants de l’UMMTO, pour la relance de la mobilisation de la communauté universitaire, le corps enseignant, en particulier, qui a marqué le pas ces derniers mois, a initié hier une action de protestation en soutien aux détenus politiques et d’opinion. Peu suivie par les enseignants qui, visiblement, n’arrivent toujours pas à dépasser les clivages qui ont sapé la cohésion du corps enseignant de l’UMMTO, qui était aux avant-postes au plus fort moment de la dynamique populaire, née au mois de février dernier, la grève d’hier se veut un signe de solidarité et une manière d’accompagner les détenus dont plus d’une vingtaine d’entre eux, essentiellement des manifestants incarcérés pour port du drapeau amazigh, comparaissait devant le juge du tribunal Sidi-Mhamed d’Alger. Dans la déclaration rendue publique à l’issue de leur réunion du 6 novembre dernier, les enseignants de l’UMMTO ont commencé par dénoncer ce qu’ils qualifient de «dérives dictatoriales» du pouvoir actuel, qui ne respecte ni les choix électoraux du peuple ni les libertés, selon les rédacteurs de la déclaration. Appelant à une justice «forte et indépendante», les enseignants de l’UMMTO ont, en outre, dénoncé l’incarcération «injustifiée» du moudjahid Lakhdar Bouregaâ et de tous les autres détenus politiques et d’opinion. Dans ce qui semble être un appel adressé à leurs collègues enseignants et autres partenaires au sein de la communauté universitaire, les rédacteurs du texte estiment : «Les enseignants, qui ont de tout temps souffert de la marginalisation, ne peuvent plus se contenter de se donner bonne conscience en participant aux marches hebdomadaires du mardi et du vendredi. En tant que détenteurs et producteurs du savoir, ils sont interpellés plus que d’autres catégories de la population pour apporter leur contribution à la construction de la nouvelle Algérie par l’éclairage et la proposition, surtout en ces moments propices à la manipulation.» Hier et en marge de la journée de protestation, les enseignants initiateurs de cette action se sont réunis en assemblée générale. Objectif de cette réunion, faire le bilan des actions initiées depuis la fin du mois d’octobre. Le débat devait porter, nous a indiqué M. Belhimer, nouveau coordinateur du Cnesto, sur les perspectives d’action et de mobilisation que doivent engager les enseignants pour leur implication judicieuse dans la dynamique actuelle de mobilisation populaire. Ils auront aussi à se prononcer sur leur adhésion et leur soutien à la coordination des universitaires du centre qui est envisagée comme un cadre de mobilisation du comité universitaire. Signalons, enfin, le changement intervenu à la tête du rectorat de l’université Mouloud-Mammeri. Le Professeur Daoudi Smaïl, médecin spécialiste en neurologie et chef de service au CHU de Tizi Ouzou, a été installé hier en remplacement du Pr Ahmed Tessa. Le Pr Ahmed Tessa, ancien doyen de la faculté des sciences économiques, a été installé dans les fonctions de recteur de l’université Mouloud-Mammeri, au mois d’août 2016, en remplacement du Pr Arezki Derridj. Ce dernier avait été nommé au même poste, le 13 avril de la même année, en remplacement du Pr Saïd Ouardane qui, de son côté, avait succédé, le 6 juillet 2015, au Pr Nacereddine Hannachi. Ces changements successifs témoignent d’une instabilité chronique à la tête de l’université de Tizi Ouzou qui accueille une population record d’étudiants.