L’exploitation du gaz de schiste ne figure pas parmi les priorités actuelles du gouvernement. C’est du moins ce qu’a laissé entendre, dimanche, le ministre de l’Energie Mohammed Arkab, lors d’un point de presse animé en marge d’une visite de travail effectuée dans la wilaya de Tizi Ouzou. «Nous devons nous concentrer et nous renforcer sur le conventionnel », a-t-il répondu à une question sur la place du gaz de schiste dans le projet de loi sur les hydrocarbures qui sera soumis au vote jeudi 14 novembre.
« L’Algérie compte suffisamment d’énergies conventionnelles qu’il faudra développer avant de penser à celles non conventionnelles », a souligné M. Arkab, avant de faire remarquer que l’Algérie compte 150 champs à explorer. Ce que « Sonatrach pourrait difficilement effectuer dans le cadre de la loi actuelle en raison, notamment du poids de la fiscalité ; l’exploitation de beaucoup de ces périmètres exige la mobilisation de gros moyens », a-t-il insisté en guise d’une énième séance de promotion d’un projet de loi actuellement sujet à débats, mais aussi à controverse au sein de l’ensemble de la société algérienne.
La semaine dernière, le directeur des
hydrocarbures au ministère de l’Energie, Mustapha Hanifi, avait, lui aussi, exclu le recours dans l’immédiat au gaz de schiste.
« L’exploitation de ce type de gaz ne peut avoir lieu en l’absence des conditions technologiques, économiques et environnementales nécessaires », avait-il expliqué lors d’une journée d’études, organisée par le groupe parlementaire du Front de libération nationale (FLN), sur les deux projets de loi sur les hydrocarbures et de finances 2020.
En dépit des assurances que tente de transmettre le gouvernement, à propos du projet de loi sur les hydrocarbures, chefs de partis politiques, associations, experts et simples citoyens s’accordent à dire que le dossier est inopportun en cette phase de crise politique que traverse le pays. Même son de cloche chez des députés de l’APN, qui ont plaidé, mardi dernier, pour son report à l’après-présidentielle du 12 décembre afin de permettre à ses rédacteurs de prendre le temps nécessaire pour son examen et son enrichissement dans le cadre d’un dialogue inclusif associant l’ensemble des intervenants dans le secteur.
Parmi ces députés, Abdeldjebar Tazir, du Mouvement El Infitah, qui a indiqué que « la conjoncture actuelle que vit le pays ne permet pas de débattre d’une loi de haute importance et sensibilité, étant un outil essentiel de développement du secteur des hydrocarbures en particulier et de l’économie nationale en général ». Il a ainsi appelé à «l’impératif report du texte de loi à après l’élection présidentielle ». Abondant dans le même sens, le député Hadj Belghouati, du Front El Moustakbal, a mis en avant l’importance de ce projet, notamment en termes de sécurité énergétique, d’autant plus qu’il exige beaucoup de « clairvoyance, de précision et de réflexion».
Ce qui signifie «l’impératif de lui donner le temps indispensable pour le débattre», a-t-il soutenu. De son côté, le député Dakmous Dakmoussi, du Front de l’Algérie nouvelle, a rappelé la nécessité d’accorder davantage d’intérêt à ce projet, « particulièrement en termes d’approfondissement de son examen et de consultation des spécialistes», préconisant également «son report jusqu’à l’élection d’un nouveau Président et la stabilité de la situation ». <