Son premier défi sera de convaincre Djamel Belmadi, sélectionneur national, de ses qualités dans un poste où Youcef Atal s’impose comme le choix principal. Sur le flanc droit de la défense, Mohamed-Réda Helaïmia a un coup à jouer au moment où le coach de l’EN cherche à doubler les solutions. L’opportunité est belle pour l’ancien sociétaire du MC Oran qui voit, finalement, son rêve d’être retenu en sélection « A » se réaliser.

Dans un entretien accordé au quotidien spécialisé «Le Buteur», l’arrière-droit de 23 ans n’a pas caché sa joie d’être convoqué chez «El-Khadra» pour la toute première fois : «Je suis très heureux. Franchement, ce fut une agréable surprise de voir mon nom dans cette liste pour le prochain stage. C’est un honneur pour moi ainsi que pour toute ma famille. C’est un rêve qui se concrétise. Cela récompense aussi le travail que j’ai effectué jusqu’à présent et me motive surtout à faire encore plus de sacrifices pour être à la hauteur », a-t-il indiqué.
Pour celui qui a disputé 100 rencontres avec les « Hamraouas », c’est un réel aboutissement de postuler pour une place au sein des champions d’Afrique sachant que les places sont chères comme l’avait souligné Belmadi. Pour augmenter ses chances de porter la tunique Algérie, Helaïmia savait, pertinemment, qu’il fallait quitter la médiocrité de la Ligue 1 et partir jouer en Europe : «Je ne vous cache pas que mon objectif premier a toujours été de rejoindre la sélection nationale, encore plus maintenant qu’on est champion d’Afrique en titre. J’ai fait le choix d’aller en Belgique afin de continuer à progresser et taper dans l’œil du sélectionneur. On sait tous que, ces dernières années, pour pouvoir intégrer la sélection, l’idéal est d’être dans un club européen », estime l’auteur de 12 passes D dans les compétitions nationales.

Belmadi, «un entraîneur juste»
En décidant de rejoindre, en transfert libre estimé à 600.000 euros, le Beerschot V.A, promu en Proximus League (D1 belge), l’Oranais a montré qu’il voulait donner un nouvel élan à sa carrière. Auparavant, en décembre 2018, le driver des « Verts» l’avait appelé pour le stage des «A’» à Doha (Qatar). C’est pour dire qu’il l’avait déjà repéré : « coach Belmadi est connu pour être un entraineur juste et qui donne leur chance à tous les joueurs. Franchement, c’est un plaisir de pouvoir travailler sous ses ordres. A moi maintenant d’être à la hauteur et prouver à tout le monde que je mérite cette convocation », loue-t-il.
En ralliant la Belgique, Helaïmia risquait de sombrer dans l’anonymat. D’autant plus qu’il ne joue pas pour un club de renom là-bas. Il y avait aussi la difficulté d’intégration et de se familiariser avec le nouveau mode de vie et les exigences, plus élevées, pour les footballeurs professionnels. Des écueils qu’il est parvenu à dépasser : «C’est vrai qu’au début, ça n’a pas été facile dans la mesure où je découvrais pour la première fois un championnat européen. J’ai dû m’adapter et rapidement me fondre dans le groupe pour pouvoir ainsi jouer un maximum de matches et être à mon meilleur niveau», reconnaît-il. Aujourd’hui, il engrange les matchs et le temps de jeu. Il a 1065 minutes dans les jambes et reste sur 7 titularisations de suite et un but contre le KSV Roeselare qu’il juge «très motivant pour la suite.»

Du respect pour Atal
S’il a pu frapper à la porte du « Club Algérie », Helaïmia devra maintenant tenter de se faire une place durable dans un secteur défensif qui aura été solide lors de la Coupe d’Afrique des nations 2019 avec 2 buts concédés seulement. Toutefois, sur les côtés, Bensebaïni et Atal n’ont pas de réelles doublures. L’opportunité est là.
Quant au poste de titulaire, ce n’est pas gagné d’avance. Surtout qu’Atal est époustouflant. Que ce soit avec l’OGC Nice ou en sélection : « à vrai dire, je suis très content pour Atal. C’est un bon gars et un joueur exceptionnel et il mérite ce qui lui arrive. Après, il est clair que les places en sélection sont toujours chères. A moi de convaincre le sélectionneur et ça sera à lui de faire ses choix. Ce qui est sûr, c’est que soit moi, Atal ou un autre, on travaille tous pour l’intérêt suprême du groupe », note Helaïmia conscient de la rude concurrence qui l’attend. Il faudra qu’il en profite. D’autant plus que Haïthem Loucif, annoncé comme remplaçant naturel d’Atal un certain temps, n’est pas compétitif depuis qu’il a rejoint le SCO d’Angers (Ligue 1 française). La balle est dans son camp.