Les débats et les polémiques sur le projet de loi sur les hydrocarbures, qui sera soumis aux députés pour adoption le 14 novembre prochain, continuent d’occuper le devant de la scène politique nationale. Des voix s’élèvent pour contester le timing choisi par le gouvernement pour mettre sur la table une question d’une telle importance.
Pour les partisans du report, il serait plus juste de laisser le prochain président de la République, démocratiquement élu, décider sur cette affaire. D’autres voix appellent tout simplement au retrait du projet qui constitue, pour elles, un recul en termes de souveraineté nationale sur les ressources naturelles. Des syndicalistes et des formations politiques issues de la gauche algérienne font la promotion de cette thèse. Une troisième voie, composée essentiellement d’experts, plaide quant à elle pour une révision urgente de la loi actuelle sur les hydrocarbures. Leur argument, les clauses de cette dernière ne sont plus adaptées à la conjoncture pétrolière mondiale, marquée par la stabilisation de la demande conjuguée à une augmentation de l’offre. Ce déséquilibre, qui ramène les prix vers le bas, devrait s’accentuer au futur à provoquer un bouleversement dans l’écosystème pétrolier. En effet, les institutions financières accordent de moins en moins de crédits aux compagnies pétrolières. Première conséquence, les majors pétroliers baissent leurs investissements, notamment dans les pays comme le nôtre, où le coût de revient est élevé, aggravé par une pression défavorable. Continuer à penser qu’il est possible pour l’Algérie de continuer à produire en quantité du gaz et du pétrole, avec la loi actuelle sur les hydrocarbures, pourrait coûter cher, voire très cher, au futur, ont averti des experts.
Les arguments et les thèses avancées par la troisième voix semblent tenir la route. La raison ? Tous les pays pétroliers qui ne disposent de la technologie de pointe sont en train de réviser leur législation en vue de capter les compagnies pétrolières mondialement connues. Des révisions qui vont toutes dans le sens d’accorder plus d’avantages fiscaux et parafiscaux aux investisseurs pétroliers, qui commencent à se faire rares sur la place pétrolière mondiale. Compte tenu de ces bouleversements, l’Algérie ne peut être une exception planétaire.