Après avoir confirmé son entrée en Bourse le 3 novembre courant, Aramco a fixé au 17 du même mois l’entame des inscriptions à son offre publique d’achat (OPA) sur le marché de Riyad. Le géant pétrolier saoudien n’a toutefois pas révélé le pourcentage du capital proposé à la vente ni la fourchette des prix de l’action dans cette opération, considérée comme la plus importante jamais réalisée, et qui constituera une étape majeure dans la stratégie du prince héritier Mohammed ben Salmane pour reconfigurer le royaume.
Les offres s’étaleront du 17 novembre au 28 novembre pour les investisseurs individuels et jusqu’au 4 décembre pour les investisseurs institutionnels, a indiqué Aramco dans un document de 658 pages qu’il a publié tard samedi sur les conditions de son entrée, tant attendue et reportée, sur les marchés privés. Il précise qu’un maximum de 0,5% de ses parts ira à des investisseurs individuels et que le pourcentage réservé aux plus grands investisseurs sera déterminé plus tard après consultations avec ses conseillers financiers et ses principales banques internationales.
L’opération devrait reposer sur une valorisation de l’entreprise estimée par des investisseurs entre 1 200 et 1 500 milliards de dollars. L’introduction en Bourse d’Aramco ne concerne que le marché local et la compagnie n’a pour le moment aucun projet d’introduction boursière à l’étranger, avait indiqué, le 3 novembre, son président, Yasir al-Rumayyan. «Pour la partie internationale, nous vous le ferons savoir en temps utile. Jusqu’ici, ce n’est que sur Tadawul», le marché financier saoudien, a-t-il précisé. Autrement dit, c’est une opération d’épargne que met en branle Mohammed ben Salmane à travers l’introduction en Bourse d’Aramco que le prince héritier saoudien compte exploiter pour récolter les liquidités au profit des projets d’envergure et développer les secteurs non pétroliers de l’économie du royaume.
Dans cet objectif, le gouvernement saoudien aurait même fait pression sur de riches familles et des acteurs institutionnels pour participer à l’introduction en Bourse, une action présentée par certains comme «un devoir patriotique». Dans cette logique, de nombreux Saoudiens se disent enthousiastes à l’idée d’acheter des actions du fleuron national, qui a fait de leur pays la première économie du monde arabe.
Toutefois, le géant pétrolier éprouverait des difficultés pour convaincre les investisseurs constitutionnels dans une conjoncture où le secteur de l’énergie pâtit d’un manque de perspectives, alors que les risques géopolitiques qui pèsent sur le titre auront certainement un impact sur les investisseurs, ces
derniers gardent encore tout frais le souvenir des attaques menées contre les installations d’Aramco
le 14 septembre dernier, entraînant une réduction temporaire de
la moitié de la production saoudienne.
Un gros placement de 10 milliards de dollars pourrait cependant venir de la Chine, estime l’agence Bloomberg, précisant que le placement se fera par l’intermédiaire de fonds souverains et d’autres entreprises d’Etat.
A noter qu’en 2018, Aramco a réalisé un bénéfice net de 111,1 milliards de dollars. Au cours des neuf premiers mois de 2019, son bénéfice net a chuté de 18% pour s’établir à 68,2 milliards de dollars. <