Le faux suspense entretenu par le temps que s’est donné le Conseil constitutionnel, afin de statuer sur les recours entrepris par certains candidats, n’aura été que de pure forme. Les cinq candidats déclarés pour l’élection présidentielle du 12 décembre prochain sont ainsi confirmés, ce qui a valeur de coup de starter pour le scrutin présidentiel.

Officiellement, donc, ce sera Belaïd Abdelaziz, Benflis Ali, Bengrina Abdelkader, Tebboune Abdelmadjid, et Mihoubi Azzeddine. L’un de ces candidats sera donc le futur président de l’Algérie et devrait succéder à Abdelaziz Bouteflika, poussé au retrait en avril par la pression populaire. Le quintet sera confronté probablement à une difficile campagne, l’élection présidentielle intervenant dans un contexte politique pour le moins tendu. Abdelmadjid Tebboune, l’un des candidats favoris si l’on se fie à la vox populi, semble déjà avoir entamé sa campagne en organisant, hier, un point de presse pour présenter son programme. L’ancien Premier ministre connu surtout comme étant Monsieur logement durant l’ère Bouteflika, se veut déjà, sans l’exprimer, comme le candidat du système. De son côté Ali Benflis devrait présenter son programme aujourd’hui. Le candidat Benflis devrait à l’évidence reposer sa stratégie de campagne sur une « rupture » avec le pouvoir. Il aura à persuader les électeurs qu’il reste le seul candidat qui peut prendre langue aisément avec l’opposition en cas de victoire. Un gage essentiel pour l’après-scrutin présidentiel qui s’annonce tout aussi compliqué. Côté opinion, la situation reste pour l’heure difficile à décortiquer tant la question de la présidentielle continue à partager les Algériens. Une controverse qui pourrait avoir un effet certain sur la participation, l’autre grande inconnue. Les contestataires continuent à exprimer dans la rue leur refus du vote, considéré comme « un fait accompli » prenant pour preuve ces candidats « loin de représenter le renouveau », comme exigé par les Algériens.
Une campagne, des défis
La campagne pour la présidentielle devrait en principe commencer le week-end prochain. Une campagne qui s’annonce déjà compliquée du fait que la rue n’est que modérément engagée dans cette présidentielle, voire pas du tout, et le fait savoir chaque mardi et chaque vendredi. Sur les médias publics des spots pour inciter les électeurs à aller aux urnes, le jour J, ont déjà fait leur apparition avec un discours très orienté appelant à « ne pas se faire manipuler ». Le message ne dit pas par qui. Dans les prochains jours devraient apparaître les affiches des candidats avec les traditionnels slogans de campagne qui les accompagnent. Les panneaux des services de l’APC devant servir de supports devraient également faire leur apparition. La présidentielle du 12 décembre devrait, à partir de ce dimanche, prendre son véritable départ. Les candidats ont désormais un mois pour convaincre les Algériens particulièrement désorientés de choisir leur président de la République parmi les cinq. La possibilité d’un second tour n’est toutefois pas exclue tant il n’y a pas un candidat qui part largement avec les faveurs des pronostics. Les sondages d’opinion en Algérie étant pratiquement inexistants, il reste difficile de connaître les intentions de vote des différentes strates des électeurs et les candidats « favoris » aux yeux des Algériens. Reste tout aussi incertaine la proportion des boycotteurs de l’élection présidentielle la plus compliquée depuis l’indépendance.