Le coup d’envoi officiel de la campagne électorale pour la présidentielle du 12 décembre prochain n’a pas été encore donné que celle-ci enregistre ses premières polémiques.
La plus précoce est manifestement signée par le candidat Abdelkader Bengrina qui, le jour de la validation par le Conseil constitutionnel des dossiers retenus par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), accuse l’un des prétendants à la magistrature suprême. Sans le nommer ! Le président du mouvement El Bina, issu d’une dissidence du Mouvement de la société pour la paix (MSP) accuse ainsi l’un des quatre autres concurrents d’avoir plagié son programme électoral.
M. Bengrina, ministre du Tourisme de juin 1997 à décembre 1999 à la faveur de la rentrée du MSP au gouvernement, a dévoilé par la même occasion l’un des thèmes qui dominera sa campagne électorale.
Il s’agit de la situation de la femme pour laquelle le candidat promet monts et merveilles jusqu’à s’engager « de remédier au phénomène du divorce qui a atteint le taux effarant de 68 000 durant l’année 2018 ».
Sur les soutiens attendus en faveur de sa candidature, l’enfant de Ouargla n’a pas caché son espoir de voir d’autres formations politiques lui apporter leur appui, notamment celles du courant islamiste.
« Nous sommes preneurs de tout soutien à notre candidature », a affirmé le prétendant à la présidence de la République, qui est resté évasif quant au nom de ces probables soutiens, alors que des observateurs de la scène nationale, notamment de la mouvance islamiste, n’hésitent pas à établir leur déduction. « Le candidat d’El-Bina lorgne clairement vers le Front de la justice et du développement (FJD) d’Abdallah Djaballah, qui a préféré ne pas se présenter tout en ne s’écartant pas de la compétition électorale », explique-t-on.
Le parti, qui peine à s’imposer au sein même de la mouvance islamiste, s’est offert une visibilité depuis que son président avait annoncé son intention de briguer la présidence de la République à la faveur du scrutin prévu le 18 avril dernier avorté par le mouvement populaire.
Le parti a été également propulsé à la faveur du changement survenu à la tête de l’Assemblée populaire nationale (APN) et qui a vu l’un des trois députés d’El Bina, Slimane Chenine, hériter de la présidence de l’Assemblée, alors que ce poste était jusqu’ici l’apanage du FLN. n