Le salon international du livre d’Alger, édition 2019, a fermé ses portes, hier, par une conférence de presse de son commissaire Mohamed Iguerb en début de matinée et un bilan d’audience très flatteur, plus d’un million de visiteurs au compteur, synonyme d’un phénomène socio-culturel unique en son genre.

Le commissaire du Salon international du livre d’Alger (Sila 2019), Mohamed Iguerb, a présenté, hier, le bilan de cette 24e édition qu’il a qualifié « de réussite », lors d’une conférence de presse abritée à la salle Sila du pavillon central. Il a d’emblée annoncé que le nombre de visiteurs qui ont gravi les marches du Sila 2019 s’élève à 1 149 527. «Le chiffre reste ouvert pour cette journée de clôture », souligne-t-il, qualifiant ainsi le bilan de ce cru 2019 d’ « exceptionnel ». Toutefois, ce chiffre reste moins important que celui des années précédentes où le nombre de visiteurs atteignait facilement les deux millions. « Il est évident que ce chiffre, comparé à l’année passée, a connu une certaine baisse, mais franchement, compte tenu des choses, c’est un chiffre qui est honorable », estime le commissaire du Sila 2019. Sachant que la 23e édition a dépassé la barre de 2,200 millions de visiteurs, un chiffre record par rapport aux éditons précédentes. Il ajoute dans ce sillage que cette dernière édition restera tout de même une « réussite », compte tenu des chiffres annoncés. A savoir, la fréquentation du Sila 2019, qui est très honorable, mais aussi du point de vue de la participation des éditeurs dès lors que cette année, elle a battu tous les record avec les chiffres que j’ai annoncés».
Le commissaire a rappelé que la participation a atteint les « 1 030 éditeurs, dont 298 nationaux, 323 pays arabes et 409 pays du reste du monde. Plus de 250 000 titres ont été exposés, venant de 36 pays, issus des quatre coins du monde ». Mohamed Iguerb souligne, également, que «la fréquentation du Sila est devenu un phénomène social extraordinaire, et cela par l’intérêt que porte les Algériens pour ce Salon, qui est attendu autant par le public que par les professionnels. On ne peut qu’être fiers de cet événement qu’est le Sila ».
Il enchaîne sur l’aspect positif de l’édition de cette année, en affirmant que la réussite de cette 24e édition a été prouvée par sa programmation riche et variée.
« Nous avons réuni deux estrades, des conférences et débats, plus onze animations, qui ont été en dehors du programme officiel, présentées par des institutions ou des éditeurs organisées à la salle Sila et la salle El Djazaïr ».
Dans les détails, il s’agit en tout de deux estrades dédiées à Elaine Mokhtefi et Samir Kacimi, vingt-trois rencontres et conférences dont onze abritées par la Salle Sila et douze par le stand Esprit Panaf.

Silence des éditeurs algériens sur les chiffres des ventes
En ce qui concerne les ventes, le commissaire avouera qu’il n’est pas évident de connaître le nombre des ventes, car « les éditeurs ne nous les communiquent pas, notamment pour les éditeurs nationaux. Nous n’avons pas accès aux chiffres d’affaires ou aux ventes réalisées durant le Sila », affirme-t-il.
Par contre, en ce qui concerne les ventes d’ouvrages des maisons d’éditions étrangères, il dira que « nous les connaîtrons par la suite. Dès lors, qu’il y a un contingent financier qui est destiné à être transféré et qui nous sera communiqué par les différents transitaires en charge de cette opération ». Quant aux sondages, présentés lors d’une rencontre s’intitulant « le livre et la croisée des chemins » ils sont, selon M.Iguerb, d’une importance capitale et « nous donnent une visibilité dont les chiffres sont extraordinairement clairs et démonstratifs de ce qui est le Sila et sa fréquentation ». Il poursuivra, en mettant en exergue le fait que «plus de 87% des gens qui ont visité le Sila venaient pour acheter des livres, contrairement à ce que disaient certains. Ce sondage a relevé aussi que 86% de ces derniers sont des jeunes, dont la tranche d’âge varie entre 15 et 30 ans ». Par ailleurs, le commissaire du Sila avouera qu’« aucun livre n’a été censuré durant cette 24e édition. Il s’agit de 0,003%, parmi les 250 000 titres exposés, un chiffre dont on ne s’en souviendra sûrement pas». Il ajoute, toutefois, que «certains éditeurs ont enfreint le règlement de la participation en mettant des ouvrages, dont le Coran, par terre, et cela est inadmissible. Par conséquence, nous allons prendre des mesures qui risquent même la non-participation de ces éditeurs l’année prochaine ».

Création d’une association africaine d’éditeurs
D’autre part, le commissaire du Sila 2019 a qualifié la participation du pays invité d’honneur de cette édition, le Sénégal, d’exceptionnelle.
« Cela nous a permis de découvrir ce pays voisin et frère et la richesse de sa littérature et de ses arts. C’est aussi une occasion qui a permis la rencontre des représentant de ce pays invité d’honneur avec les professionnels du livre algériens, qui sont les deux syndicats, à savoir le Syndicat national des éditeurs du livre (Snel) et le Syndicat des éditeurs africains ». Il confiera dans ce contexte : « Il est aussi question de créer un syndicat ou une association d’éditeurs africains. Tout cela inaugure d’un partenariat entre les professionnels de ce pays et les nôtres ».

Hommages aux grands noms de la littérature
La 24e édition a aussi rendu hommage à de grands noms de la littérature, pour leur apport et leur contribution à la culture, et cela à travers les nombreuses activités concoctées dans le cadre du programme du Sila 2019. Mohamed Iguerb souligne à ce sujet que « c’est en hommage à leurs contributions à la littérature algérienne, à la pensée, à l’art, à la critique et à la diffusion du livre dans notre pays. A leurs familles, nous présentons ici nos condoléances, en soulignant leurs efforts et leurs contributions à la culture algérienne et universelle ».
Il citera à ce sujet les noms des personnalités littéraires auquel le Sila 2019 a tenu à rendre hommage, à l’instar de Merzak Meneceur, journaliste et éditeur, David Lewis Porter, essayiste américain, Mansour Abrous, professeur, journaliste et auteur d’annuaires artistiques, Ahmed Lahlou, poète et comédien, Aziz Chouaki, romancier, poète et dramaturge, Annie Rey-Goldzeiguer, historienne française spécialiste de l’Algérie anticolonialiste, Rachid Alik, journaliste, critique et animateur culturel, Abdelhafid Idres, auteur, chercheur indépendant en lexicologie amazighe, Abderrahmane Berrouane, dit Hadj Saphar, moudjahid, auteur, Hadj Amar Aggar, poète, Mohamed Benbrika, auteur, philosophe spécialiste en soufisme, Tahar Gaïd, moudjahid, cofondateur de l’UGTA, diplomate, islamologue, Tony Morisson, romancière, éditrice et essayiste américaine, Prix Nobel de littérature 1993, Abdelkader Miloud, poète, critique littéraire et théâtral, Belkacem Babaci, moudjahid, auteur d’ouvrages d’histoire, ou encore Samba Diabaré Samb, chanteur et poète sénégalais, héritier de la tradition des griots.
Par ailleurs, Mohamed Iguerb annoncera également, lors de cette conférence la date de la tenue de la prochaine édition du plus grand rendez-vous culturel en Algérie, qui se déroulera du 28 octobre au 6 novembre 2020, en soulignant que « l’invité d’honneur de la 25e édition sera annoncé prochainement ». Il annonce aussi qu’«il est clair que la prochaine édition va être particulière, car nous allons fêter un quart de siècle du Sila».