Le scrutin présidentiel du 12 décembre est désormais lancé avec la confirmation des candidats qui briguent ainsi officiellement le poste suprême. La campagne pour cette présidentielle pas comme les autres devrai ainsi débuter la semaine prochaine. Les cinq candidats ont désormais la parole pour tenter d’expliquer pourquoi les Algériens devront choisir l’un et pas l’autre. Aller vers l’électeur même le plus récalcitrant sera pour eux inévitable. Un véritable marathon attend donc les candidats soumis à une pression populaire pas du tout commode. Que l’on veuille ou non, cette élection n’intervient pas dans un contexte ordinaire. Au cœur d’une crise aiguë, qui flirte depuis neuf mois avec le pire, un scrutin présidentiel n’est jamais une opération aisée. Le Hirak devrait en parallèle faire campagne chaque mardi et vendredi pour exprimer son rejet de tout le processus. C’est une autre campagne dans la campagne qui sera intéressante à suivre. Les slogans et autres mots d’ordre sont déjà scandés par les contestataires utilisant amplement les réseaux sociaux qui auront, plus que les médias traditionnels, un rôle probant à jouer. Ce décor particulièrement inédit en Algérie devrait composer le temps d’une campagne la scène politique nationale. Comment ces deux univers qui se superposent en s’ignorant superbement devraient évoluer durant les semaines prochaines ? En attendant le jour J, les paris restent ouverts. L’élection d’un président de la République est une demande nationale pressante. La situation d’instabilité institutionnelle n’a que trop duré. Pour la majorité, c’est une posture consensuelle. Sur le principe. Mais c’est bien la forme et le socle sur lesquels repose le processus qui posent problème. Aujourd’hui que l’on soit pour ou contre, il y a un fait incontestable : même dans les conditions de tension actuelles, le scrutin du 12 décembre sera crucial. L’un des cinq aujourd’hui en lice sera le président de la République qui aura à charge de gérer une transition délicate.