L’équation de soutenir ou pas une candidature parmi les cinq officiellement retenues par le Conseil constitutionnel est différemment appréhendée par les partis islamistes qui ont fait le choix de ne pas présenter leurs propres prétendants. Chez le Front de la justice et le développement (FJD) d’Abdallah Djaballah, le temps est toujours à l’hésitation. A contrario, le MSP, et après avoir maintenu le suspense sur un probable appui à une candidature, a abandonné cette option. Abdallah Djaballah a affirmé, en effet, dans une conférence de presse, que son parti n’a pas encore tranché la question de soutenir ou non une des candidatures en lice à la magistrature suprême. Il a précisé, par la même occasion, que si le parti avait déjà annoncé sa non-participation à cette échéance présidentielle, il a laissé la décision de soutenir un candidat si le vote devait avoir lieu à sa direction représentée par son président, le conseil consultatif et le bureau national. Le parti a-t-il une préférence pour l’un des candidats ayant eu, la semaine écoulée, le quitus de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) et, depuis hier, la validation du Conseil constitutionnel ou se refuse-t-il de déclarer son soutien à une candidature sans s’être assuré de la tenue du scrutin ? Le FJD patiente-t-il pour voir le programme des cinq candidats en lice ? Autant d’interrogations auxquelles le premier responsable du FJD ne répond pas, préférant ne pas s’éloigner de l’échéance. Le leader du FJD s’est montré par ailleurs opposé aux marches que tiennent ces derniers jours les partisans de l’élection présidentielle, estimant qu’une telle démarche est de nature à « provoquer des affrontements » entre les citoyens. Interrogé sur les propos récents du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) sur le slogan chanté dans les marches plaidant pour « un Etat civil et non militaire », Djaballah a préféré rester allusif sur la question. Pour sa part, le président du MSP Abdezzak Makri a signé, ce week-end, une évolution dans la position du parti qui n’apportera son soutien à aucun des prétendants au palais d’El Mouradia. Car, jusqu’à cette semaine, le suspense était encore de mise pour voir le parti islamiste appuyer l’une des candidatures en course. Il convient de souligner à cet effet que le conseil consultatif du parti, qui a décidé de ne pas présenter de candidat à la présidentielle, avait cependant laissé ouverte l’option de soutenir une candidature si de nouvelles donnes venaient à l’exiger. L’opinion publique a appris cependant en pleine période de précampagne que le MSP «ne soutiendra aucun des candidats actuels à la présidentielle». «Il n’y aura pas de soutien de notre parti à une candidature», a-t-il affirmé, estimant qu’il s’agit plutôt d’«un jeu du système politique qui veut se recycler avec les mêmes figures ». Le mouvement El Islah a décidé, quant à lui, de soutenir une candidature. Il a ainsi jeté son dévolu sur l’ancien Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune. L’annonce a été faite hier à l’occasion d’une session du conseil consultatif du parti, présidée par Filali Ghouini. Ce dernier a justifié le choix d’El Islah par le programme
du candidat Tebboune qu’il a qualifié de «solide», appelant les Algériens à voter «en force afin de contribuer à la consécration des articles 7 et 8 de la Constitution».