L’accord signé mardi à Ryad entre le gouvernement yéménite et les séparatistes du sud du Yémen «ne résoudra en aucune manière les problèmes et la crise» dans ce pays, a estimé mercredi l’Iran. Le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale a signé dans la capitale saoudienne un accord de partage du pouvoir avec les séparatistes pour mettre fin à un conflit dans le sud du Yémen, pays dévasté par une guerre aux fronts multiples. «Cette signature ne résoudra en aucune manière les problèmes et la crise au Yémen mais confirmera et consolidera l’invasion de l’Arabie saoudite et de ses alliés dans le Sud de ce pays», indique un communiqué du porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Moussavi. «La première chose à faire est d’arrêter la guerre ïauû Yémen, avant d’organiser des discussions inter-yéménites en vue d’un accord assurant l’avenir politique du pays», a ajouté M. Moussavi. Le conflit dans le sud du Yémen, qui a vu les séparatistes prendre le contrôle d’Aden, la grande ville du Sud déclarée capitale «provisoire» par le gouvernement, a détourné la coalition menée par l’Arabie saoudite de son combat contre les Houthis, rebelles venus du nord du Yémen qui se sont emparés de la capitale Sanaâ et de larges pans du territoire. Selon des sources politiques yéménites et saoudiennes, l’accord prévoit d’intégrer des séparatistes du Conseil de transition du sud (STC) au gouvernement et le retour de celui-ci à Aden. L’Iran, qui soutient les Houthis mais se défend de les armer comme l’en accusent Ryad et Washington, dénonce régulièrement les frappes aériennes et les «crimes» de la coalition militaire arabe menée par l’Arabie saoudite et engagée dans le conflit au Yémen depuis 2015.