Alors que près de 200 étudiants sont entassés dans des chambres dans des pavillons qui accueillent plus de 1 100 garçons, 15 policiers occupent, à eux seuls, tout un bloc de 45 chambres dans la résidence garçons. « Je vous promets de les délocaliser ailleurs dans les jours qui viennent. Quinze personnes ne devraient pas nous poser des problèmes pour leur trouver un hébergement hors de l’enceinte universitaire », a promis Azzedine Mechri, le wali de Ghardaïa, s’adressant au directeur de la résidence universitaire lors de sa visite le 1er Novembre passé. La réplique du wali est venue après que le responsable universitaire lui ait posé le problème de la surcharge des chambres, conséquence du déficit de lits pour près de 200 internes masculins, alors que quinze policiers occupent, à eux seuls, un bloc de 45 chambres, privant ainsi des dizaines d’étudiants de leurs droits à l’hébergement dans des conditions acceptables. Il faut rappeler que ces policiers sont le reliquat des centaines de membres des services de sécurité, entre policiers et gendarmes, qui ont été, dans l’urgence, alors que la région basculait, en 2014 , dans la violence, le sang et la destruction, installés manu militari, dans, outre, les résidences universitaires, les auberges de jeunesses, les complexes sportifs et dans des structures de l’Education nationale. Ghardaïa, son chef-lieu, ainsi que les communes de Berriane et Guerrara, ont alors fait, suite à l’état d’urgence proclamé par l’ex-président de la République plaçant la région sous l’autorité militaire, l’objet d’un drastique dispositif de sécurité nécessitant la présence et donc l’apport de plusieurs milliers de policiers et de gendarmes ramenés des autres régions du pays et auxquels il fallait en urgence assurer le gîte et le couvert. Aujourd’hui, et compte tenu que la paix, la sérénité et donc la sécurité sont revenues dans la région, et que le dispositif de sécurité a été largement assoupli, pratiquent levé, et que des milliers de policiers et de gendarmes ont rejoint leur région d’origine, il n’y a plus lieu que ces 15 policiers restent sur place, occupant à un bloc qui pourrait alléger la pression sur les autres pavillons qui enregistrent une surcharge des chambres. « Nous sommes persuadés que ces 15 policiers ne tarderont pas à quitter les lieux », nous déclare un responsable de l’université. Ajoutant : « Nous sommes déjà en train de procéder à la ventilation des pensionnaires par chambre pour les loger dès évacuation. C’est véritablement un soulagement pour ces dizaines d’étudiants.»
O. Y.