La chercheuse et universitaire Djamila Mustapha Zegaï a présenté,
avant-hier au 24e Sila, son nouvel ouvrage intitulé «Sonia Phoenix du théâtre algérien : un combat et un défi», mettant en valeur la grande dame du quatrième art algérien sous l’angle de la critique universitaire sur les œuvres et le parcours en tant que metteure en scène de la regrettée grande dame du théâtre algérien.

Lors d’une rencontre de vente-dédicaces abritée, lundi dernier, par les éditions El Wattan El Youm, qui a attiré un grand nombre d’amateurs et d’étudiants en théâtre, Djamila Mustapha Zegaï, auteure et professeur de critique théâtrale à l’université, nous confie à propos de son ouvrage que «ce n’est pas facile de travailler sur le personnage de Sonia en particulier». Elle nous confie, également, qu’elle a commencé ce travail académique sur l’œuvre de Sonia, à travers une thèse universitaire consacrée à sa pièce «Révolution de Belahrèche», ajoutant que cette pièce est l’une des œuvres les plus «réussies de la metteure en scène». L’auteure nous explique à propos de la genèse de son ouvrage «Sonia, Phoenix du théâtre algérien : un combat et un défi», il est en fait une demande de l’Institut arabe du théâtre de présenter une des personnalités théâtrales de l’Algérie. «On m’a demandé de choisir une personnalité et d’écrire à son sujet sous forme de bibliographie. J’ai choisi Sonia, un choix qui leur a énormément plu», précise-t-elle. Elle ajoute toutefois que cet ouvrage n’a pas été publié par cet institut, car «les autres participants n’ont pas écrit et de facto mon livre n’a pas été publié».  Elle nous dévoile également qu’à l’époque, elle en avait parlé à Sonia, qui l’a encouragée à continuer sur ce projet en lui assurant qu’il allait être publié. Le soutien de la regrettée grande dame du théâtre algérien l’a décidé d’enrichir cet ouvrage, en insérant un deuxième chapitre après son autobiographie et un autre chapitre sur les œuvres qu’elle a produites sous forme d’études critiques.  Elle rappelle que c’est, en 2012, qu’elle avait commencé à écrire sur Sonia. «Un an plus tard, le livre a été presque abouti, puis j’ai décidé de soumettre un livre complet et d’approfondir mes recherches», explique-t-elle. Enchaînant que lorsque je me préparais à publier ce livre, Sonia est décédée en mai 2018, à l’âge de 63 ans, j’ai voulu alors ajouter des condoléances et des témoignages des personnes qui l’ont côtoyée.» Par ailleurs, l’académicienne n’a pas voulu se positionner sur les représentations où la comédienne a joué, car «je n’ai pas assisté et je n’ai pas vécu ces œuvres. Je voulais me concentrer sur des œuvres auxquelles j’ai assisté, telles que «une Femme de papier», adapté par Mourad Senouci du roman «le Mirage» du romancier Waciny Laredj. Cette pièce je l’ai suivie depuis ses premiers pas.
Je l’ai aussi vu au Qatar dans le cadre de la participation de l’Algérie au Festival du théâtre arabe». Cet ouvrage se veut également un travail objectif et critique, l’auteure explique qu’elle n’a pas adhéré à une approche spécifique, mais a présenté une mosaïque de critiques. Elle illustre à ce propos sa critique de la pièce «El Djamilete » (Beautés). «D’ailleurs cela a amené certains de ceux qui on lu l’étude à dire que c’était très cruel. Mais c’est vrai que la pièce est faible en termes de mise en scène», a-t-elle déclaré. En ce qui concerne d’autres idées d’écrits sur les personnalités théâtrales algériennes, Djamila Mustapha Zegai nous annonce que Sonia est seulement le début. «J’ai l’intention de continuer à écrire sur d’autres personnalités sous la forme d’une série. Je souhaiterais écrire sur Kelthoum, cet écrit est presque abouti. J’ai voulu aussi écrire sur Noria, mais sa fille a rejeté l’idée à cause de quelques facteurs dissuasifs qui l’ont fait reculer». Zegai nous confie aussi qu’«il y a une grande dame de théâtre de la ville de Sidi Bel-Abbès, Fadhila Assous, qui mérite d’être citée. Elle est la seule pour laquelle j’ai trouvé un press-book. J’essaie autant que possible de terminer cette œuvre». La chercheuse a révélé, par ailleurs, que parmi tous ces projets d’écriture, sa priorité est d’abord d’écrire sur Azzedine Medjoubi. J’ai rassemblé trois articles à ce sujet, mais ce qui empêche mon travail, en tant que critique, est que nous ne trouvons pas de support électroniques pour leurs œuvres théâtrales ou de CD». Elle donnera l’exemple sur la pièce «le Langage des mères» de la défunte Sonia, qui lui a donné le CD et qui l’a aidé à avancer dans ses recherches.
Djamila Mustapha Zegaï tient à nous affirmer, en conclusion, que son ouvrage sur la regrettée Sonia «présente des situations humaines, du dévouement et un hommage à sa fille et à sa petite-fille, sans oublier son amie de toujours Thouraya Djebrane, ancienne ministre marocaine de la Culture.» n