Le coup d’envoi de la 10e édition du Festival international du cinéma d’Alger, dédié au film engagé, sera donné aujourd’hui, dès 19H, à la salle Ibn Zeydoun, de l’Office Ryadh El Feth (Oref) avec la projection de «Wardi», un long métrage d’animation du Norvégien Mats Grorud, qui retrace 70 ans de la lutte du peuple palestinien à travers le regard d’une petite-fille.

L’histoire se déroule à Beyrouth, au Liban, où Wardi, une jeune Palestinienne de onze ans, vit avec toute sa famille dans le camp de réfugiés où elle est née. Tel que le souligne le synopsis, Sidi, son arrière-grand-père adoré, fut l’un des premiers à s’y installer après avoir été chassé de son village en 1948. «Le jour où Sidi lui confie la clé de son ancienne maison en Galilée, Wardi craint qu’il ait perdu l’espoir d’y retourner un jour. Mais comment chaque membre de la famille peut-il aider à sa façon la petite fille à renouer avec cet espoir ?»
Pour réaliser son premier long métrage d’animation, le cinéaste norvégien Mats Grorud s’est inspiré de sa propre histoire. Sa mère, infirmière, a travaillé au Liban pendant la guerre civile et, lui aussi, devenu adulte a travaillé avec des enfants dans un camp de réfugiés. Ainsi, Grorud livre «un film en forme de miroir existentiel, en mettant en scène une jeune adolescente qui, suite à la maladie de son grand-père, qui menace de l’emporter, décide de connaître son passé social et familial, en interrogeant son entourage».
Ainsi, le ton est donné dès la première projection de cette 10e édition du Fica qui se déroulera du 7 au 16 novembre. Avec, près de vingt-quatre films en compétition dans trois catégories. En plus de la compétition dans les catégories long métrage et documentaires, la grande nouveauté de cette année et l’introduction de la compétition pour les courts métrages avec sept œuvres en compétition.
Sâad Khiari présidera le jury documentaire et le Français Pierre Henri Deleau sera à la tête du jury longs métrages. La comédienne algérienne Mouni Boualem dirigera le jury court métrage.
Cette dixième édition sera également marquée par deux avant-premières algériennes, en l’occurrence le documentaire de Hassen Ferhani «43, rue du Désert», qui a déjà remporté plusieurs prix dans des festivals internationaux. Et le long métrage «Paysages d’automne» du réalisateur algérien Merzak Allouache sera projeté en avant-première mondiale.
Par ailleurs, deux films arabes seront présents dans la compétition du Fica cette année, «Karma» du réalisateur égyptien Khaled Youcef et «Fatwa» du réalisateur tunisien Mahmoud Ben Mahmoud.
Toutes les projections auront lieu à la salle Ibn Zeydoun à Riad El Feth à 14H, 16H30 et 19H, et seront reprogrammées le lendemain à la salle Cosmos.
Par ailleurs, en marge des projections, les organisateurs ont programmé deux tables rondes. La première autour de la thématique «De l’idée à l’histoire et de l’histoire au scénario : comment suggérer sans trahir», animée par Amazit Boukhlafa, Georgi Balabanov et Mahmoud Ben Mahmoud. La seconde sera, quant à elle, dédiée à la thématique «Femmes au cinéma, femmes de cinéma», avec Amina Béjaoui, Anna Bucca, Appoline Traoré et Jacqueline Gozland. Il est également prévu un master-class ayant pour thématique «Le montage, troisième écriture d’un film», animé par Yannick Kergoat. Cette édition 2019 sera aussi marquée par un hommage à Moussa Haddad, disparu récemment, «un cinéaste engagé» souligne les organisateurs. Il est également prévu un hommage à la Suédoise Inger Servolin, productrice de documentaires, en sa présence avec la projection de «Lettre à Inger» de Maria Lucia Castrillon.