L’artiste Cali, de son vrai nom Bruno Caliciuri était l’invité, mardi, du stand de l’Institut culturel français au Salon du livre ; l’occasion de présenter une partie, peut-être moins connue, de son œuvre, deux ouvrages à caractère autobiographique, «Seuls les enfants savent aimer» et «Cavale ça veut dire s’échapper» (2018 et 2019 aux éditions Le Cherche Midi). Des textes dans lesquelles il aborde, au travers d’un personnage «Bruno», et avec une impressionnante franchise, la perte de sa mère alors qu’il n’avait que six ans, mais aussi l’éducation et l’amour de son père, ou encore ses «premières fois», et ses «bêtises» d’enfants.
Le chanteur et écrivain français est très apprécié du public algérien pour sa musique, ses chansons, à textes souvent très personnels, où il parle de son enfance, où il magnifie l’amour, la vie, ses peines et ses joie. Un public algérien qui l’avait notamment rencontré sur scène lors d’une tournée qui l’avait menée de Tlemcen, Annaba à Constantine et à Alger en 2018.
Rencontré en marge de la présentation de ses textes, l’on comprendra que l’écriture aura été pour lui un «déclic», une manière de se dévoiler et de parler à son public d’une façon plus personnelle. «Avec une chanson on parle en quelques mots à des milliers, voire à des millions, de personnes à la fois. L’écriture d’un livre est différente, il n’y a qu’un seul interlocuteur», souligne-t-il à propos de son écriture. Bruno Caliciuri, l’écrivain, ajoute, ainsi à propos du passage à l’écriture, que cela s’est fait suite à une demande. «C’était durant un concert, une dame, me dit qu’elle aimait mes chansons, le fait qu’elles parlent de l’enfance, de l’adolescence. Mais aussi qu’elle voulait en savoir plus, qu’elle comprenait que quelque chose se cachait derrière», nous explique-t-il, ajoutant qu’ «une petite voix» lui dira qu’il était temps d’écrire.
Ouvrages largement autobiographiques et auxquels devrait s’ajouter un troisième tome, nous annonce d’ores et déjà l’écrivain, en nous déclarant que «le premier est très autobiographique, le second « Cavale, cela veut dire s’échapper» est lui beaucoup plus romancé (…) mais pour le troisième, je compte donner à des personnages réels des choses qu’ils n’ont pas vécus».
L’un des aspects les plus remarqués, tant dans les chansons, dans les textes mais aussi lors de la rencontre, aura également été le «naturel» avec lequel il aborde les difficultés de l’enfance, celles de son personnage et les siennes. Il nous éclaire sur ce point que «quand une mère est présente, on lui parle, elle est peut-être la première personne à qui l’on raconte sa vie, ses amours, ses chagrins… et de toute façons, elle les devine (…) Dans le premier texte, je raconte les choses que ma mère n’a pas vécu avec moi, je lui parle comme si elle était toujours là».
Il aborde aussi l’importance de partager la transition à l’âge adulte, un «passage» nourri et construit par les joies mais aussi par les peines. «Les moments difficiles sont aussi utiles, importants, ils sont une «construction» de la personne surtout si on a l’éducation de ses parents pour les comprendre», estime-t-il, en enchaînant que «souvent, quand je vois des amis se disputer avec leurs parents, j’essaie de les faire réfléchir. On n’a peut-être qu’une seule vie, il y a des hauts et des bas, mais ce qui est bien, c’est de pardonner. Car nous sommes nés pour vivre ensemble».
Quant à la musique, «toujours au cœur de mon travail», nous dira-il, un neuvième album est actuellement en préparation, des titres que l’ont pourra peut-être découvrir sur les scènes algériennes. Il nous annonce à ce propos qu’ «un album devrait sortir en mars prochain, je viens juste de terminer le travail en studio en Belgique». Et concluant : «J’adorerai organiser une nouvelle tournée en Algérie. Les concerts que j’avais donnés ont été de grands moments pour moi.» n