Le Salon des langues étrangères et des séjours linguistiques d’Alger n’a pas drainé grand monde hier. Au deuxième et dernier jour de l’événement, les visiteurs se comptaient par dizaines seulement, loin des prévisions des organisateurs.

« Le public ciblé, les étudiants, est presque absent. Par manque de communication ou d’information, peut-être », constatera un visiteur de cette manifestation organisée au palais de la culture Moufdi-Zakaria. « Je trouve que le Salon des langues étrangères et des séjours linguistiques est une bonne initiative. L’inconvénient est l’information, qui n’a pas été communiquée comme il le faut. Je pense qu’il s’agit d’une mauvaise organisation. Ce genre d’événement doit s’organiser dans les universités et les instituts de formation en particulier », ajoutera Hamza. Ce professeur de philosophie et passionné d langues étrangères, insiste sur « la nécessité d’informer correctement le public » et sur les « détails d’un événement qui devrait intéresser beaucoup de gens ». Cet enseignant estime également qu’il y a un « effort » à faire de la part des opérateurs du « marché linguistique ». « Les tarifs d’apprentissage restent moyennement élevés tandis que les séjours à l’étranger sont destinés à une catégorie aisée et qui dispose d’un pouvoir d’achat relativement important. Un étudiant, qui a une bourse de 4 000 DA, n’est pas en mesure de s’offrir des cours de langues étrangères ou de songer à des stages à l’extérieur du pays ».
A discuter avec les visiteurs venus s’informer des offres des exposants, on s’aperçoit, en effet, que les tarifs des programmes linguistiques sont un sérieux frein. Ces derniers souhaitent des «formules attractives» comme ils préconisent une «décentralisation» de ce type de salon.
« A moins d’organiser de véritables évènements selon les standards internationaux, il serait plus judicieux de décentraliser des évènements pareils et de jouer sur la proximité », indique à ce sujet une enseignante. Celle-ci estime, elle aussi, que les centres universitaires ainsi que les centres culturels et les lieux d’exposition dans les wilayas doivent être ciblés en tant que lieux d’exposition et de contact. Pour d’autres visiteurs qu’on a croisés, le verdict concernant l’audience du Salon est sans appel : « On n’organise pas un événement pareil alors que le Salon international du livre d’Alger bat son plein. L’intérêt pour les langues ne se dément pas », nous dira une jeune universitaire.

L’anglais en tête de liste des demandes
Aïcha Benhadj, chargée des séjours linguistiques dans un établissement à Alger, avec des membres à Oran et Constantine, affirme que cette école compte aujourd’hui « 40 000 apprenants par an » avec une « demande accrue de la pratique de l’anglais ». « C’est la langue étrangère la plus demandée actuellement », affirme-t-elle, en indiquant que la tranche d’âge du public qui fréquente l’école où elle travaille « va de 11 à 75 ans ». Elle est soutenue dans ce constat par Nawel Amrane, enseignante et polyglotte, qui affirme qu’outre le plaisir d’apprendre une langue étrangère, les apprenants cherchent à joindre l’utile à l’agréable. « L’anglais reste le plus demandé en raison de l’importance de cette langue » dans le monde universitaire et celui de la recherche d’opportunités professionnelles et de mobilité vers d’autres pays.
Pour Hocine Abbès, « coordinateur éducatif auprès de l’école Asya Dilem, à Istanbul, « la langue turque intéresse de plus en plus de gens en Algérie». «Ces derniers temps, nous avons constaté un intérêt constant, notamment chez les étudiants, pour la langue turque. Les raisons de cet engouement sont divers, mais parmi le public qui nous sollicite, il y a surtout des jeunes intéressés pour faire des études en Turquie, certains veulent s’y installer aussi.
« C’est pour cela, explique-t-il, que les séjours linguistiques que nous organisons vers cette destination rencontrent de plus en plus de succès ». Une bonne note à retenir, le Salon des langues étrangères et des séjours linguistiques est le produit de trois jeunes entrepreneurs qui ont décidé de créer leur propre agence « Phoenix Agency ». <