Annoncée hier par le ministre de la Santé, Mohamed Meraoui, cette commission sera chargée de faire la lumière sur les raisons des « dysfonctionnements » de l’établissement et d’établir les responsabilités dans la mauvaise prise en charge des patients. Mohamed Meraoui a été accueilli sur place par un personnel paramédical en colère.

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a annoncé, hier, avoir décidé d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les dysfonctionnements qui perturbent gravement le fonctionnement du Centre Emir Abdelkader pour les malades atteints de cancer à El Hassi, près d’Oran. Mohamed Miraoui a fait cette annonce après avoir été reçu sur place par un personnel paramédical en colère et déterminé à se faire entendre sur les « difficultés » et les « pressions» qu’il subit dans les services.
Les employés ont attendu le ministre à l’entrée du centre en observant un sit-in de protestation et « dénoncer », selon eux, une « situation inacceptable » et « préjudiciable » aux patients dont beaucoup d’enfants.
A l’aide de banderoles et de pancartes, ils ont demandé l’intervention urgente de la tutelle pour mettre fin à ce qu’ils appellent le « diktat » de l’administration et ses « dépassements » envers un personnel dépassé ou obligé d’assumer des services qui ne sont pas de ses compétences, notamment en ce qui concerne la préparation des patients au traitement par chimiothérapie et autres. « Une responsabilité qui revient à des personnes spécialisées et non à n’importe quel infirmier qui pourrait mettre la vie des malades en danger », comme ils l’ont déclaré devant le ministre. Les protestataires ont affirmé être régulièrement menacés de « licenciement » et de « révocation » au cas « où ils oseraient revendiquer leurs droits et exprimer leurs préoccupations, notamment en exigeant la présence de spécialistes » pour la préparation des patients au traitement thérapeutique qui leur est destiné. Les parents des patients se plaignent également des «mauvaises conditions » d’accueil. Ils déplorent l’absence d’ambulances, les obligeant à recourir aux taxis et à des conditions de transport éloignées des standards de prise en charge des malades affectés physiquement, ce qui a amené le ministre et sa délégation à tenir une réunion à huis clos et à donner des instructions strictes au directeur de la santé afin d’améliorer les conditions de prise en charge des patients. Sur un autre registre, le ministre de la Santé s’est montré mécontent du retard pris dans les travaux de réalisation de l’hôpital de Sidi Chahmi et celui des grands brûlés à hai Sabah à Oran.
Il a donné instruction aux bureaux d’études chargés des projets d’accélérer les chantiers de façon qu’ils soient prêts à l’utilisation durant le premier trimestre 2020. n