Abdelmadjid Tebboune, Ali Benflis, Azzedine Mihoubi, Abdelkader Bengrina et Abdelaziz Belaid sont officiellement candidats à l’élection présidentielle du 12 décembre prochain. Ces personnalités politiques dont l’élément commun reste d’avoir été un jour ministre sous Bouteflika, et même partisans déclarés de ce dernier pour la plupart, se lanceront à l’assaut du palais d’El-Mouradia dans une kermesse électorale voulue impérativement par le pouvoir sans l’adhésion du plus grand nombre. L’un deux sera ainsi le prochain président de la République et héritera d’une situation pour le moins complexe, résultat d’une crise politique inédite qui n’aura pas révélé tous ses tenants et aboutissants. Quel que soit le nom du futur locataire du palais d’El Mouradia, il sera au cœur d’une problématique politique aigüe, celle de la véritable transition vers une deuxième République qui devrait rompre avec l’ancien système. Aujourd’hui que les candidats sont connus nous pouvons dire que l’élection présidentielle est irrémédiablement lancée. Dans des conditions de tension avérée, que les marches de contestation du Hirak confirment chaque vendredi, le scrutin présidentiel que le pouvoir a voulu coûte que coûte et dans les plus brefs délais, devrait à l’évidence aller à son terme. L’on voit mal en effet un possible report, encore un autre, qui serait particulièrement nocif pour la crédibilité de l’Etat. Le quintet en question aura en tout cas du mal à incarner l’après Bouteflika, voire un véritable changement du système auquel aspire la majorité des Algériens. Les cinq candidats auront fort à faire face à une opinion fortement réfractaire et qui refuse de se faire berner encore une fois. Les cinq candidats seront face à un défi certain à aller vers les Algériens qui refusent que le même système soit à la baguette dans le processus présidentiel. Les Algériens qui ont fait échec à l’humiliant cinquième mandat de Bouteflika seront appelés à choisir entre des candidats qui auront du mal à symboliser un espoir de changement et de renouveau.