L’anniversaire du 1er Novembre coïncide, cette année, avec une situation particulière. La date historique du déclenchement de la Révolution contre l’ordre colonial, et qui aura irrémédiablement marqué la naissance de la conscience nationale, intervient alors que le pays est plus que jamais dans une phase de reconstruction délicate.
Un passage d’une digue à l’autre qui fragilise le pays et le met face à un moment prépondérant pour son avenir. Un important franchissement à ne pas rater et qui pourrait constituer le début du meilleur. Et les Algériens veulent le meilleur pour leur pays, l’Algérie.
C’est pour cela qu’ils sont sortis dans la rue un certain 22 février que personne n’avait prévu pour dire stop à la fuite en avant. Et que désormais, la responsabilité politique ne saurait échapper à la reddition de compte. Le caractère irrémédiablement pacifiste du mouvement populaire n’en est que la plus nette illustration. Les Algériens ne veulent pas nuire à leur pays déjà endolori par des décennies de mauvaise gouvernance et de dépravation politique. Il faudrait désormais construire cette Algérie nouvelle, celle qui garantit une place à tous et non pas celle qui exclut. Le pays a plus que jamais besoin de renouveau qui ferait renaître l’espoir pour un avenir meilleur. L’année en cours aura été un exercice particulièrement harassant d’ambivalence pour les Algériens.
Des moments de pure sublimation avec cette récupération du peuple de ce droit à la parole et à l’expression de rue. Mais aussi d’inquiétudes et de peur, également, de voir ressurgir les démons, pas aussi vieux que ça, et que certains n’ont pas hésité à convoquer. Il est grand temps, plus que jamais, de revenir aux socles qui cimentent la Nation.
Novembre qui unit tous les Algériens dans leurs différences. Au-delà des ornements de circonstance, des discours convenus et des monuments fleuris, le 1er Novembre, dans le calendrier du peuple, est la date politique par excellence. Celle qui décrète son retour au statut plein et entier de peuple souverain.