Lorsque le ministre de l’Energie déclare que la demande interne en gaz et en produits pétroliers a connu une croissance supérieure à 7 %, entraînant à l’horizon 2025-2030 un déficit structurel, impactant négativement les engagements du pays envers ses clients étrangers, il y a lieu de quoi nourrir de sérieuses inquiétudes. L’Algérie semble aller épisodiquement mais, sûrement, vers une impasse énergétique. Comme un mauvais élève qui connaissait les risques à long terme, mais qui s’est obstiné à continuer dans la même route morbide. La fragilité économique de l’Algérie est en train de se faire de plus en plus sentir. Et le marché énergétique mondial est loin de donner de la latitude pour une nécessaire transition. Lorsque le niveau de production s’approche dangereusement de celui de la demande locale, la sonnette d’alarme doit être tirée. Particulièrement pour un pays dont le fonctionnement dépend drastiquement des hydrocarbures. Il reste incontestable que l’Algérie est en déficit d’avoir mis en place une véritable économie en adéquation avec ses capacités particulièrement importantes de l’avis des spécialistes. Au fil du temps, il était normal que la demande domestique en différentes énergies s’accroîsse mettant en surchauffe la production nationale. La phase de l’aisance énergétique avec ses revenus conséquents n’a pas été mise à profit pour construire une économie qui pouvait, en grande partie, reposer structurellement sur d’autres secteurs que les hydrocarbures. Il ne sert à rien d’annoncer à chaque fois de l’intérêt pour l’énergie renouvelable sans se reposer sur une véritable politique énergétique qui tend vers l’alternative. Aucune politique énergétique future ne saurait reposer uniquement sur les réserves, aujourd’hui irrémédiablement confirmées, comme étant en déclin. L’Algérie est condamnée à réfléchir puis élaborer en urgence une nouvelle politique énergétique pour les cinquante années à venir qui pourraient la prémunir de la logique du pire.