La circulation était étonnement fluide en cette journée, où deux évènements devaient engendrer des bouchons inextricables. D’abord, la venue du ministre de l’Agriculture avec un programme bien chargé. Le second événement, celui qui nous intéresse, devait paralyser la ville de Constantine de toute activité administrative et économique, une grève générale à l’appel de la Confédération des syndicats autonomes (CSA).
La grève déclarée par la CSA, décidée lors d’une rencontre le 17 octobre dernier devait englober les secteurs de la santé, l’éducation, les affaires religieuses, les postes et télécoms, les universités et les corps relevant du ministère du Travail, comme la Cnas, la Casnos et la CNR.
Hormis les enseignants du cycle du primaire, apparemment, aucune entreprise ou société n’a répondu à l’appel. Même la protesta des enseignants du primaire était programmée bien avant l’appel de la confédération. Une grève cyclique qui a fait suite aux déclarations du ministre de tutelle qui avait plastronné que les enseignants du primaire « n’ont pas le droit de réclamer vu que leurs salaires leur permettaient de vivre décemment, et même plus ».
Encerclant la direction de l’éducation, des dizaines d’enseignants ont scandé des slogans hostiles au ministre et ont réitéré la revendication faisant part de leur exigence pour le départ du directeur du secteur.
Donc pas de grève ni de marche à Constantine, en attendant aujourd’hui les étudiants, dont les marches se font de plus en plus discrètes, les mardis, et surtout celles du vendredi qui ne faiblissent pas, malgré un léger fléchissement ces dernières semaines.
La décision de la grève d’aujourd’hui a été prise le 17 octobre, à l’issue de la session ordinaire de la CSA. La grève prévue initialement le 29 a été avancée d’une journée à la demande des syndicats de l’éducation, majoritaires au sein de la Confédération. Dans son communiqué d’appel à la grève, cette dernière a réitéré son «attachement» au mouvement populaire «jusqu’à satisfaction totale de ses revendications légitimes». Les signataires du communiqué ont réclamé le départ du gouvernement Bedoui et de sa «composante illégitime», tout en dénonçant la décision de promulguer, «dans la conjoncture actuelle, des lois qui hypothèquent l’avenir des futures générations et attentent à l’unité nationale, à l’instar de l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures et des lois sur le travail et la retraite».