L’élimination de Abu Bakr Al-Baghdadi pourrait bien signifier la fin de la guerre en Syrie, que les Occidentaux avaient entamé profitant d’un mouvement populaire interne intervenu dans le sillage de ce qu’on a appelé alors les « printemps arabes».
Une coalition de puissances occidentales, avec l’encouragement sonnant et trébuchant des pays du Golfe et la Turquie d’Erdogan, a décidé de faire absolument chuter le régime qui fait office d’Etat syrien. Aujourd’hui, les Etats-Unis entament leur retrait de la zone du nord du pays pour signifier qu’ils sont arrivés à des limites au-delà desquelles une confrontation est inévitable avec les forces en présence, les Russes, les Iraniens et l’armée syrienne.
Après huit années de guerre qui ont failli faire éclater la Syrie en morceaux. Lorsqu’en 2011 a débuté la guerre contre la Syrie, rares étaient ceux qui osaient s’opposer à cette déferlante. Proposer une solution politique était déjà en ce temps assimilé au fait de composer avec « un régime honni ». Aujourd’hui, les pays qui ont refusé cette tentative de déstabilisation de la Syrie en sortent grandis.
Et de l’autre côté, ceux qui se sont engagés complètement dans la guerre se retrouvent dans l’obligation de faire profil bas et traiter avec un gouvernement jusque-là voué aux gémonies et accusé de « crimes de guerre ». Aujourd’hui, il reste patent que la guerre de Syrie a été bel et bien perdue par les Occidentaux et leurs amis des pays du Golfe qui avaient tant misé sur l’éclatement d’un axe encombrant. Avec la fin d’Al-Baghdadi et son califat, c’est la fin de mission d’un personnage qui a longtemps alimenté la répulsion nécessaire pour faire passer des décisions délicates. Le problème, c’est que ça se passe dans des régions où les populations n’ont rien demandé. On ne répétera jamais assez que les politiques des Occidentaux fabriquent le terrorisme dont ils imputent la responsabilité exclusive
« aux autres ». Pour servir des actions militaires dont les objectifs ne sont pas bonnes à dire à leur opinion.