« La presse et les défis environnementaux » est l’intitulé de la rencontre initiée par l’Association des journalistes femmes de Constantine (AJC), qui récidive chaque année en mettant sur la table les sujets de l’heure, en invitant des amphitryons de marque, ès qualités, et en instaurant un débat, houleux à chaque rencontre, témoin de la justesse des choix de nos consoeurs.

Warda, Mina, Moufida, Ilhem et d’autres prêtresses de la corporation ont donc choisi pour cette année l’environnement, un sujet… pollué car il s’incruste et implique toutes les strates de la société à des degrés divers. En partenariat avec la fondation Konrad-Adenauer, la fondation allemande du nom du premier chancelier du pays, l’AJC a proposé au parterre de spécialistes en écologie et en environnement, et moult associations, en plus des journalistes et autres « curieux » une journée riche en informations, en propositions et recommandations pour que « plus rien ne sera comme avant », et que personne dorénavant ne pourrait dire « je ne savais pas ». Des bouteilles en plastique, aux gobelets et autres pailles, de la bakélite aux « continents » créés sur différents océans à cause de l’inconscience des hommes, les intervenants ont mis le doigt sur le dérèglement des mœurs. « L’environnement et les médias » aura donc été le sujet phare pour cette année au niveau de l’hôtel El Hocine à Ali-Mendjeli. Dès le début des « hostilités », il était aisé et clair que les sujets de l’environnement n’occupaient pas beaucoup les colonnes des journaux ni les chroniques à la télévision, « des sujets non porteurs et n’induisant pas forcément une adhésion des autorités et des entreprises privées », nous dira un participant. Et de poursuivre que « les taxes induites par le rejet de détritus dans l’environnement sont rarement applicables car aussi bien l’Etat que le privé préfèrent regarder ailleurs ». C’est sans doute pour toutes ces raisons glauques que la représentante de la fondation allemande Mme Nora Beldjoudi a supputé que «le but était de sensibiliser principalement les différents acteurs majeurs impliqués dans l’environnement sur l’avenir de la planète, un environnement qui se dégrade à vue d’œil et que l’homme et ses activités doivent assumer entièrement ».
Les frayeurs du Pr Belmahi
Dans sa communication, le Pr Mohamed Habib Belmahi, chef de service toxicologie au CHU de Constantine, jouera à faire peur à l’assistance, et il y réussira en révélant des vérités que tout le monde imaginait, mais que peu appréhendait. « Constantine, qui était une destination phare des malades de l’asthme n’attire plus personne. La pollution, dioxyde d’azote résultant des transports urbains, et l’humidité qui augmente chaque année font que le CHU de Constantine a enregistré 19% d’hospitalisations aiguës en pneumologie et une augmentation de 8,7% chez l’enfant. La pollution ne connaissant pas de frontières, nous avons même enregistré des retombées de la cimenterie de Hamma Bouziane au niveau du site de prélèvement atmosphérique ». Le professeur Belmahi ira même plus loin, mettant en doute la potabilité de l’eau dite potable. « Le CHU lui-même déversant des produits nocifs directement dans les eaux du Rhumel, c’est pourquoi de nos robinets coule un liquide très riche en divers produits pharmaceutiques, du simple Paracétamol, aux nombreux antibiotiques, en passant par le… mercurochrome ». Pour sa part, Mme Bouarroudj de la Direction de l’environnement de la wilaya, qui aura suppléé à l’absence de son directeur, se contentera de nous montrer des diapos de différentes actions de nettoyage et de sensibilisation, sans offrir à l’assistance des chiffres qui peuvent illustrer les catastrophes écologiques annoncées, dont le site de Djebel El Ouahch, pour ne citer que ce cas, est plus que révélateur.
The last but lot the least, Warda Nouri, notre consoeur d’El Khabar, et membre hyper actif de l’AJC, viendra clôturer une rencontre des plus instructives en exposant les sujets environnementaux dans la presse, en général, et la complexité et la fiabilité des sources. Alors, bravo les filles, et à l’année prochaine dans un… environnement un peu moins contaminé. n