L’instruction judiciaire ouverte par le tribunal de Sidi M’hamed d’Alger contre les porteurs de drapeau amazigh, actuellement en détention préventive, est terminée. Quatre d’entre eux seront jugés aujourd’hui 22 octobre, a indiqué hier le Comité national pour la libération des détenus d’opinion (CNLD). Selon la même source, qui cite l’avocate Leïla Djerdjar, il s’agit de Hamza Meharzi, Tahar Safi, Bilal Bacha et Khaled Oudihat. Un appel à la mobilisation et au soutien de ces détenus et à leurs familles pendant le jugement a été lancé par le Comité. Dans les prochaines semaines, indique le CNLD, 32 autres détenus seront présentés devant le juge. Tous ont été arrêtés et mis en détention préventive pour avoir brandi le drapeau berbère durant les manifestations organisées chaque vendredi par le mouvement populaire au lendemain du discours du chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, à la mi-juin, mettant en garde contre le port du drapeau autre que national durant les marches en référence à l’article
06 de la Constitution de mars 2016.
Aux dossiers de ces détenus, dont certains sont sous mandat de dépôt depuis le début de l’été, s’ajoute celui de l’étudiant en 6e année de médecine Smaïl Chebili, en prison depuis le 29 septembre dernier, pour la même charge. « L’instruction concernant ce jeune étudiant a été accélérée contrairement à celles des autres détenus » dont les affaires ont été retardées par des lenteurs judiciaires dénoncées par leurs défenseurs et les collectifs associatifs de lutte pour les droits humains, relève Maître Mourad Gagaoua du collectif de défense.
Ces détenus sont poursuivis pour « atteinte à l’unité nationale ». La charge principale retenue contre ces manifestants incarcérés et poursuivis pour « atteinte à l’unité nationale » sont, selon l’article 79 du code pénal, passibles de peines d’emprisonnement d’une durée de un à dix ans et d’une amende de 3 000 à 70 000 dinars. Une sanction qui concerne en principe des actes graves comme
« l’espionnage ou le terrorisme et non l’exhibition d’un emblème », rappelle le collectif de défense.
Il est à rappeler qu’un autre activiste Abdelkrim Zeghileche sera aussi présenté, aujourd’hui, devant le juge du tribunal de Constantine. L’ancien patron de la radio Sarbacane» de Constantine, Abdelkrim Zeghileche, est accusé d’atteinte à la personne du président de la République Abdelaziz Bouteflika, déchu depuis le mois d’avril dernier.